Ma ville est malade....sous vidéosurveillance

Ma ville est malade....sous vidéosurveillance
CE COMMUNIQUE DE LA LDH A ETE CENSURE SUR LE BLOG DE LA
....ldhd'ISTRES
?




La Ligue des droits de l'Homme dénonce "l'inflation" de vidéosurveillance


La Ligue des droits de l'Homme dénonce mercredi dans un communiqué "l'inflation de la vidéosurveillance" qu'elle juge "inefficace", "coûteuse" et "liberticide".

Inefficace et coûteuse, l'inflation de la vidéosurveillance est surtout liberticide", assure l'organisation de défense des droits de l'Homme. "Non seulement l'enregistrement de l'image d'une personne sans son consentement est une atteinte à la vie privée, protégée par la Convention européenne des droits de l'Homme et par l'article 9 du Code civil, mais le projet de suivre en permanence les allées et venues de chacun n'est pas compatible avec une société de libertés", poursuit la LDH.

"Les images enregistrées peuvent être utilisées à toutes sortes de fins illégitimes : grâce à elles, certaines entreprises surveillent leurs salariés jusque dans leur intimité et aussi les délégués syndicaux, comme certains régimes autoritaires traquent leurs opposants politiques".

La LDH souligne que le gouvernement a annoncé le triplement des caméras de surveillance sur les voies publiques, et que le conseil de Paris a approuvé un plan de la préfecture de police implantant 1.226 caméras supplémentaires dans les rues et sur les places parisiennes.

"Aucune caméra ne peut remplacer la présence humaine dans la sécurisation des lieux qui nécessitent une surveillance particulière et qui ne sauraient se multiplier à l'infini", souligne l'organisation de défense des droits de l'Homme.

La LDH "appelle les citoyens à s'opposer à cette prolifération des systèmes de surveillance invisible et à exiger que l'utilisation de ces équipements soit strictement encadrée, contrôlée et limitée aux situations dans lesquelles le maintien de l'ordre public la nécessite absolument.

Source AFP








ISTRES

Vidéoflicage ou travail préventif ?


LA SECURITE EST SOUVENT LE THEME DE PREDILECTION D'UNE CERTAINE DROITE PEU SCRUPULEUSE LORSQU'IL S'AGIT DE JOUER SUR LE SENTIMENT DE PEUR COMME LE MONTRE L'AFFAIRE DU FICHIER EDVIGE.

QUAND EN JUIN DERNIER, LE PRESIDENT SARKOSY DEMANDE A SA MINISTRE DE L'INTERIEUR DE PRENDRE EXEMPLE SUR LA GRANDE BRETAGNE ET DE TRIPLER LE NOMBRE DE CAMERAS SUR LE TERRITOIRE, IL EST DANS SON REGISTRE.

AUJOURD'HUI, LA NOUVELLE MAJORITE MUNICIPALE ISTREENNE ANNONCE UN RENFORCEMENT PAR LA VIDEOSURVEILLANCE DANS LE CENTRE VILLE.
SERONS-NOUS DEMAIN DES CITOYENS FICHES ET FILMES AU NOM DE LA SECURITE PUBLIQUE ? CERTES, ON NE PEUT REPROCHER A UN MAIRE DE VEILLER A LA SECURITE DE SES ADMINISTRES MAIS IL DOIT LE FAIRE AVEC DISCERNEMENT.

POUR JUSTIFIER CETTE MESURE, LE MAIRE DECLARE VOULOIR SURTOUT COMBATTRE LE « SENTIMENT D'INSECURITE » DES ISTREENS DONT UNE ENQUÊTE D'OPINION LUI AFFIRME QU'IL EST « ASSEZ FORT »....

IL EST POURTANT DEMONTRE QUE LA VIDEO SURVEILLANCE URBAINE EST INEFFICACE : EN MAI 2008, A LONDRES, VILLE OU IL Y A UNE CAMERA POUR 14 HABITANTS, UN RAPPORT OFFICIEL RECONNAISSAIT QUE DES MILLIARDS AVAIENT ETE ENGLOUTIS POUR DES RESULTATS TRES DECEVANTS.
ET POURTANT, LONDRES EST UNE VILLE OU LES DELITS, CRIMES ET ATTENTATS TERRORISTES SONT EVIDEMMENT SANS COMMUNE MESURE AVEC LE TYPE DE DELINQUANCE EXISTANT DANS LE CENTRE VILLE DE NOTRE COMMUNE.

LES CAMERAS SONT SOUVENT IMPUISSANTES : ELLES PEUVENT FILMER UNE AGRESSION MAIS NE L'EMPECHERONT PAS ET NE DONNERONT AUCUNE INFORMATION SI L'AGRESSEUR DETOURNE SIMPLEMENT LE VISAGE OU PORTE UNE CAPUCHE.

LE TOUPAGA SYSTEM EST PARTISAN D'UNE VERITABLE POLITIQUE DE PREVENTION SOCIALE QUI S'ATTAQUE A LA RACINE DU MAL, DANS LES QUARTIERS AVEC DES ACTIONS REELLEMENT FINANCEES, DES LOGEMENTS DECENTS, DES SERVICES DE PROXIMITE, DES EQUIPEMENTS PUBLICS, UNE RELATION FORTE AVEC LA BA 125 POUR LE TRAITEMENT DES MULTIRECIDIVISTES, ETC .

CE N'EST PAS « LE SENTIMENT D'INSECURITE » QU'IL FAUT COMBATTRE, MAIS BIEN L'INSECURITE SOCIALE DANS LAQUELLE VIVENT DES MILLIERS D'ISTREENS DEPENDANT DES MINIMA SOCIAUX ET DES JEUNES SORTANT DU SYSTEME SCOLAIRE AVEC LA PRECARITE COMME SEULE PERSPECTIVE.


Rachid

un livre à lire pour tout comprendre


La frénésie sécuritaire
sous la direction de Laurent MUCCHIELLI
éd La Découverte, Collection : Sur le vif, mars 2008, ISBN : 978-2-7071-5432-3, 10 ¤.


Les années 1997-2002 furent celles du « tournant sécuritaire », marqué par la surenchère électorale sur le thème de l'insécurité. Mais, depuis 2002, la France est engagée dans une véritable « frénésie sécuritaire », qui n'a fait que s'aggraver depuis l'élection présidentielle de 2007. Chasse aux étrangers sans papiers, internement prolongé d'adultes et d'enfants en zones de rétention, multiplication des infractions et des sanctions, remise en cause de la justice des mineurs, atteinte à certaines libertés au nom de la lutte antiterroriste, pression croissante du pouvoir politique sur les magistrats, explosion de la population carcérale, mais aussi abandon de la police de proximité, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines d'origine militaire.


Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, décryptent les facettes de cette frénésie, ses origines idéologiques et sa mise en scène médiatique. À partir de leurs recherches, études et enquêtes, ils montrent qu'elle ne répond pas à la demande de sécurité des populations et alertent sur l'avènement possible d'une nouvelle « société sécuritaire
».


Introduction, par Laurent Mucchielli
Laurent MUCCHIELLI : Je suis historien et sociologue de formation. Chargé de recherches au CNRS, je travaille au CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales) dont je suis aussi le directeur.

Recherches
J'ai actuellement quatre domaines de recherches :

l'histoire de la criminologie et de la sociologie de la déviance
la sociologie générale de la délinquance juvénile (inclus sa prise en charge et sa prévention)
la sociologie générale des homicides
la sociologie politique du débat sur la sécurité (discours médiatiques, discours politiques, groupes de pression)

Enseignements
J'enseigne la sociologie de la délinquance à l'Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. J'assure des formations sur les mêmes thèmes au Centre National de Formation et d'Études de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et à l'École Nationale de la Magistrature.

Encadrement de la recherche
Je suis cofondateur et codirecteur de la Revue d'histoire des sciences humaines
Je suis membre du comité de rédaction de la revue Déviance et Société et membre du comité de lecture de la Revue de l'Association Française de sociologie.

Activités associatives dans la recherche
Je suis membre du Conseil scientifique de l'Association pour l'Histoire de l'Éducation Surveillée et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse.
Je suis membre du conseil d'administration de l'Association Française de Sociologie

Autres activités associatives Je suis cofondateur et animateur du groupe Claris (« Agir pour clarifier le débat public sur la sécurité »)
Je suis membre de la Ligue des Droits de l'Homme.




# Posté le mercredi 24 septembre 2008 02:14
Modifié le samedi 18 avril 2009 08:05

FREE THE SHMINISTIM

FREE THE SHMINISTIM -

ISRAEL'S jeunes objecteurs de conscience.
Le Shministim israéliennes sont des élèves du secondaire qui ont été emprisonnés pour avoir refusé de servir dans une armée qui occupe les territoires palestiniens.
18 décembre marque la date de lancement d'une campagne mondiale visant à les libérer de prison.
Rejoignez plus de 20.000 personnes, y compris des objecteurs de conscience américains, Ronnie Gilbert, Adrienne Rich, Robert Meeropol, Adam Hochschild, Rabbi Lynn Gottlieb, Howard Zinn, Real Mazali, Debra Chasnoff, Ed Asner et Aurora Levins-Morales et montrer votre soutien en communiquant avec le ministre israélien de la défense en utilisant le formulaire ci-dessous. 40000 LETTRES ET COMPTAGE !


Nous vous invitons à vous rendre directement sur le site :

WWW.DECEMBER18TH.ORG


Des soldats israéliens accusent Tsahal de crimes de guerre

Des témoignages de soldats israéliens ayant participé aux combats dans la bande de Gaza, confirment que des militaires israéliens ont tué des civils palestiniens sans défense durant l'offensive dans la bande de Gaza.

Des soldats qui sortaient d'une académie militaire portant le nom d'Yitzhak Rabin, ont publié leurs récits dans la lettre d'information publiée par cette institution. Parmi les témoignages repris par les médias israéliens - Haaretz, les radios publique et militaire -, figurent le cas d'une mère palestinienne abattue avec ses deux enfants par un sniper israélien parce qu'elle s'était trompée de chemin en sortant de chez elle.

Dans un autre cas, une vieille femme palestinienne a été tuée alors qu'elle marchait à 100 mètres de sa maison. D'autres témoignages font également état d'exactions, d'actes de vandalisme et de destructions dans des maisons.

Le directeur du collège, Dany Zamir, a réagi à la radio publique en affirmant qu'il s'agissait de "témoignages très durs sur des tirs injustifiés contre des civils, de destructions de biens qui dénotent une atmosphère dans laquelle on se croit permis d'utiliser la force sans restriction contre les Palestiniens". Il a précisé qu'il avait transmis ces témoignages à l'état-major pour qu'une enquête soit diligentée.

Un commentateur de la radio publique, Moshé Hanegbi, spécialisé dans les questions juridiques, a estimé que ces témoignages étaient "d'autant plus inquiétants qu'ils ne viennent pas de Palestiniens, mais de soldats qui n'ont aucun intérêt à ternir la réputation de leurs camarades". Pour lui, "il ne faut pas que l'armée enquête sur elle-même car une telle enquête ne serait pas crédible alors qu'Israël est accusé de crime de guerre à l'étranger et que des officiers pourraient été poursuivis dans le monde".

Un porte-parole de l'armée a indiqué qu'il n'était pas au courant des faits rapportés. L'offensive de l'armée israélienne contre la bande de Gaza a fait plus de 1 300 morts et 5 000 blessés palestiniens, selon un bilan des services médicaux palestiniens. Parmi les morts figurent 437 enfants âgés de moins de 16 ans, 110 femmes et 123 personnes âgées, ainsi que 14 médecins et quatre journalistes. L'offensive de 22 jours (27 décembre-18 janvier) a fait 1 890 blessés parmi les enfants, et 200 blessés graves tous âges confondus.


LEMONDE.FR avec AFP | 19.03.09 | 10h50







ARTHUR, LE POMPIER PYROMANE DE L'ANTISEMITISME.

Les promenades internétiques font parfois découvrir des mines d'or enfouies souvent, parfois explorées, et parfois insoupçonnables. Au moment où le trublion du PAF, Arthur alias Jacques Essabag avait tous les honneurs dans presque tous les médias hexagonaux en soufflant sur des braises et mentant sans vergogne sur le supposé antisémitisme dont il avait été victime à Vals-les-Bains, Claude Raymond, seule personne qui l'avait vraiment interpellée, n'a droit, quant à elle, à rien. Elle rétablit enfin la vérité dans un journal en ligne....à l'étranger. Arthur... toute honte bue....A.J.


Claude Raymond, lectrice du Nouvel Observateur, revient sur la polémique suscitée par l'annulation du spectacle d'Arthur à Vals-les-Bains.


Je m'appelle Claude Raymond, c'est moi seule qui ai interpellé Arthur à Vals-les-Bains, j'ai le droit de m'exprimer face à l'emballement dément et à l'accusation d'antisémitisme dont les médias ont fait leurs choux gras depuis un mois. A Vals-les-Bains, où la configuration est particulière (casino, théâtre et bar donnant sur un hall à entrées multiples), c'est la police qui a interdit l'entrée du théâtre, et c'est Arthur lui-même qui a annulé son spectacle. Notre manifestation, sans le moindre soupçon d'antisémitisme, était pacifique et d'ailleurs la police n'a procédé à aucun contrôle d'identité. Deux journalistes du Dauphiné libéré étaient présents et ont relaté correctement l'événement dans son édition du 18 janvier 2009. La dépêche de l'AFP était également exacte. Alors, pourquoi tous ces mensonges : journalistes sans éthique ou volonté délibérée de tordre la vérité ? Mesdames et Messieurs les journalistes, c'est à vous que je pose la question !



Revenons à Vals-les-Bains, après une heure d'attente, Arthur s'est présenté en victime : « On m'attaque pour ma religion, je suis juif ». Je suis juive aussi, je le lui ai dit, il m'a regardée et c'est bien la première fois que ses yeux exprimaient un sentiment, une haine féroce. Il y a eu ensuite son texte dans Le Monde. « D'où vient cette haine des incendiaires des âmes », une longue pleurnicherie victimaire et pas un mot sur son soutien (ou pas) à l'Etat d'Israël. Et j'ai enfin compris. Sous son air benêt se cache un redoutable mariole, et quoi de mieux pour booster son spectacle, qui n'attire pas les foules (à ce qu'on dit), que de jouer sur le communautarisme des uns et la solidarité contre l'antisémitisme des autres. Pain bénit !

J'ai tenté, sans résultat, de joindre des rédactions pour rétablir la vérité et surtout pour faire comprendre qu'il est irresponsable d'assimiler le refus du sionisme assassin à l'antisémitisme. Les vrais antisémites sont toujours là et vous ne serez plus crédibles en hurlant au loup quand ils se déchaîneront.

Je suis juive, petite-fille de déportés morts à Auschwitz, enfant cachée pendant l'Occupation, traitée de « sale youpine » toute mon enfance et victime d'une campagne antisémite dans mon joli village de l'Ardèche il y a vingt ans, j'y ai laissé mon entreprise, une variante de « rumeur d'Orléans ». Je connais les ravages du véritable antisémitisme en France, je doute fort qu'Arthur comprenne de quoi je parle, qui n'a d'ailleurs rien à voir avec la religion dont il se réclame et qui relève de la sphère privée, je suis athée et mes grands-parents venus de Pologne, Icek et Rosa Rosenberg, n'étaient pas religieux non plus...

Je suis membre de l'UJFP (Union Juive Française pour la Paix). Les médias (presse, radios, télés) ne peuvent continuer à dérouler le tapis rouge à tous les Français sionistes sans les confronter aux Français qui ne peuvent plus supporter les massacres impunis commis par Israël, cet Etat voyou qui a perdu son âme. Si les médias n'ont pas ce courage, qu'ils ne s'étonnent pas quand nous nous faisons entendre directement, comme, au hasard... à Belfort, Lille ou Vals-les-Bains.

Claude Raymond
Publié par : http://allainjulesblog.blogspot.com/


Le Likoud conclut un accord avec l'extrême droite Israëlienne pour gouverner

Le premier ministre israélien désigné, Benyamin Nétanyahou, a trouvé un premier partenaire pour constituer un gouvernement d'union. Son parti, le Likoud, vient de signer un accord, dimanche 15 mars, avec la formation d'extrême droite Israël Beitenou. Pour M. Nétanyahou, il s'agit de la première étape vers la constitution d'un gouvernement d'union après les élections générales du 10 février.


Les enjeux des élections israéliennes

Selon la presse locale, le parti d'extrême droite pourrait récupérer jusqu'à cinq portefeuilles ministériels. Avigdor Lieberman, connu pour ses déclarations hostiles aux Arabes pourrait récupérer celui de ministre des affaires étrangères. Israël Beitenou pourrait aussi récupérer les portefeuilles de la sécurité intérieure, du tourisme, des infrastructures et de l''immigration.



Les exigences d'Israël Beitenou

- Le parti d'Avigdor Lieberman qui dispose de quinze sièges à la Knesset, a mis comme préalable à tout accord la reconnaissance des colonies juives en Cisjordanie en échange des terres sur lesquelles vivent les Arabes israéliens.

- De plus, M. Lieberman exige que tous les Israéliens prêtent un serment de loyauté à l'égard d'Israël comme condition de leur citoyenneté.
Avec, respectivement 27 et 15 sièges, le Likoud et Israël Beitenou ne disposent pas ensemble d'une majorité au sein de la Knesset qui compte 120 députés et ils vont devoir s'associer avec d'autres formations politiques.

Les représentant de Benyamin Nétanyahou devraient rencontrer le parti Shass (ultra-Orthodoxe, 11 sièges), Union nationale (nationaliste qui milite en faveur du grand Israël, 4 sièges), La Maison juive (parti religieux, 3 sièges) et Judaïsme unifié de la Torah (parti religieux, 5 sièges), pour espérer bâtir une majorité. Mais l'accord de ces partis n'est pas automatique, tant leurs objectifs divergent.

Une majorité trop étroite et un rôle important accordé à M. Lieberman pourraient placer Nétanyahou dans une situation délicate à l'égard de l'administration américaine qui a promis de travailler à la conclusion d'un accord de paix avec les Palestiniens. Face à ce casse-tête politique, Benyamin Nétanyahou pourrait également tenter de trouver un terrain d'entente avec la ministre des affaires étrangères sortante, Tzipi Livni, dont le parti centriste Kadima bénéficie d'un siège de plus (28 sièges) que le Likoud au Parlement.

Les exigences de Kadima

- Tzipi Livni a demandé à Nétanyahou de soutenir les discussions de paix sous l'égide des Etats-Unis, préalable pour elle à toute participation à un gouvernement d'union.
- Forte de la représentation de son parti à la Knesset, la ministre des affaires étrangères sortante exige également un accord sur le partage du pouvoir.

# Posté le mardi 17 mars 2009 01:07
Modifié le mercredi 25 mars 2009 07:43

In memoriam Bruno Etienne

In memoriam Bruno Etienne
Il présidait l'observatoire des religions au sein de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, le professeur Bruno Etienne s'est éteint le 4 mars 2009.


Bruno Etienne: "La religion est devenue un supermarché et pourquoi pas ?"
Par pwallez le mardi 30 septembre 2008,

Atteint d'un cancer, dont le traitement l'a contraint à différer la sortie d'un nouveau livre, l'intellectuel aixois poursuit ses recherches sur le phénomène des religions
Dans la salle d'étude, aménagée dans le jardin d'une propriété d'Aix, les quintes de toux secouent sa grande carcasse, charpentée par une adolescence d'ascétisme et une longue pratique des arts martiaux à l'âge adulte. Le professeur Bruno Etienne est malade et il ne cache pas, sans s'étendre, qu'il s'agit d'un cancer.
La religion n'est pas devenue pour autant thérapie, besoin vital. En tous cas pas davantage qu'avant la découverte de la maladie. "J'ai toujours été à la fois un chercheur et un cherchant". Se situant à la fois en dehors et dedans. Il dissèque au scalpel de l'anthropologue, sociologue, politologue cet objet d'études "depuis 45 ans". Mais il rajoute une intensité qui le questionne lui-même. "Déjà à l'âge de 14 ans, j'avais un goût immodéré des livres sacrés que mon psy qualifierait de tordu. J'ai une collection de Talmud, de Bible, de Coran et je connais ces deux derniers textes par coeur".



Musulman et franc-maçon


C'est le mécanisme de la croyance qui le fascine. Des croyances plutôt. Son dernier livre (1) étudiait les doubles appartenances au travers du personnage de l'émir Abd el-kader. Comment peut-on adhérer à deux systèmes de croyances a priori aussi lointains que l'islam et la franc-maçonnerie ? Son prochain ouvrage (2) aborde également cet angle. "La société a changé, la religion est devenue un super market dans lequel chacun fait son marché, en mélangeant un peu de tout, avec des emprunts de croyances à diverses confessions, une forme de religion personnalisée. Les exemples pullulent. A mon époque, quand on était franc-maçon, on était laïque, socialiste. Mon pépé de la Roque d'Anthéron, qui était tailleur de pierre et franc- maçon, poursuivait le curé dans la rue en criant "croa, croa". Maintenant, il ne reste plus qu'une loge à Aix où l'on crie "à bas la calotte". O surprise, ma loge était dirigée par un musulman jusqu'à l'an passé et deux ateliers féminins de Marseille ont des beurettes comme vénérables. Qui aurait pu penser que l'on pouvait pratiquer à la fois la franc-maçonnerie et l'islam ? "

Les catholiques nombreux qui se payent des sessions de méditation bouddhiste s'inscrivent, selon le professeur Etienne, dans cette tendance. "Et pourquoi pas? Il n'y a qu'en France, ce pays de rationalité, où il est demandé de ne croire qu'en une seule chose". Ce qu'il décrit avec d'autres comme un besoin de spiritualité, il en trouve la preuve dans les 18 confessions qui sont pratiquées à Marseille. Ce goût de religion est "à l'image d'une société malade et qui cherche".


Inclassable

Déclarant aimer fouiller le "border line", les phénomènes à la marge, le professeur a souvent été jugé inclassable. Élève chez les cathos à la Seyne, puis influencé par son oncle avocat nîmois et prêcheur protestant, Bruno Etienne navigue, dans son auto portrait , entre les étiquettes de neo protestant, agnostique, et franc-maçon, ne renonçant pas d'ailleurs à jauger les uns et les autres à l'aune du sens critique.
Cela peut désorienter certains. "Un jour, il est devenu bouddhiste"s'exclame Mohamed Allili, recteur de la mosquée de la Porte d'Aix, à Marseille, personnage médiatique de l'islam français. Bruno Etienne a bâti une partie de sa notoriété de chercheur sur l'étude de l'islam, au point que l'on a pu croire que le cherchant trouvait sa voie dans le Coran. Dans les années 80, les deux jeunes chercheurs dont il était le mentor, Jocelyne Césari (qui enseigne désormais à Harvard) et Franck Frégosi (chercheur du CNRS), réalisaient sous sa direction une enquête sur la mosquée de la porte d'Aix, et soulevait des questions sur ce qu'il appelle "la laïcité ouverte, malgré ce que disent mes copains et mes frangins. On faisait rigoler tout le monde à l'époque, le sujet est plus que jamais d'actualité".


Un cousinage lointain avec Sarkozy

Inscrit sur la liste de Michel Pezet aux dernières élections municipales à Aix, il s'est retrouvé dans une curieuse situation de cousinage avec Nicolas Sarkozy. "Ministre de l'intérieur, il posait les bonnes questions sur le financement du culte musulman. Les baux emphythéotiques, en particulier celui de la Grande mosquée de Marseille, ne sont qu'un financement occulte. Il faut arrêter l'hypocrisie".
Les religions même bricolées sur le principe du "do-it-yourself" et de la personnalisation sont incontournables selon Bruno Etienne. "Elle apportent les balises et les interdits sans lesquels une société ne peut fonctionner. Moi, j'ai de la sympathie pour la connerie des hommes, leur acharnement à défendre leur peau. Si cela apaise leur souffrance, la peur de la mort, du cancer, pourquoi pas ? En quoi l'histoire de la Vierge est-elle moins ahurissante que celle de la Dianétique qui prétend guérir ? ".

La seule fois où Bruno Etienne évoquera le cancer. "Je recommence à travailler, le traîtement m'avait beaucoup fatigué. Mon livre sortira en début d'année....Inch'Allah"
(1) "Abd el-Kader et la franc-maçonnirie suivi de Soufisme et franc-maçonnerie" chez Dervy, 16 euros
(2) "L'Eglise, l'Etat et l'Entreprise " chez Odile Jacob


Interview intégrale



- Un de vos étudiants raconte que vous vous êtes décrit, une fois, comme étant un mécréant...


Je suis un mécréant, mais comme on dit en provençal. Mon arrière grand-père de la Roque d'Anthéron était un franc-maçon, une autre partie de famille était protestante et résidait de l'autre côté du Rhône. Comme j'étais orphelin, mon grand père m'a mis dans un internat à La Seyne, j'ai bien connu le catholicime. Mon penchant, si j'avais un choix à faire, c'est plutôt le protestantisme. Mon oncle, avocat à Nîmes, prêcheur protestant, m'a marqué. Le protestantisme, c'est la liaison avec les études, on travaille énormément les textes et on est seul chez les protestants. Alors que chez les catholiques, on s'inscrit dans une structure hiérarchique qui nous dit ce qu'il faut penser. Je suis devenu chercheur parce que j'ai eu envie de comprendre. Dès 14 ans j'avais la passion des textes, je connais la Bible et le Coran par coeur. J'ai une collection de Bible, de Coran, de Talmud, mon psychiatre me dira peut-être que c'était tordu à 14 ans d'avoir un goût immodéré des livres.

Vous êtes de quel côté finalement, athée, agnostique ou croyant ?

Posé comme cela, je suis agnostique. Avec 45 ans d'expérience d'anthopologie liée à la religion, je suis devenu d'un relativisme culturel absolu. J'ai découvert jusqu'où les hommes étaient capables de croire, c'est incroyable. En quoi l'histoire de la Vierge Marie est-elle moins ahurissante que la Dianétique de l'Eglise de Scientologie, qui prétend vous guérir. L'humanité est prête à croire tout et n'importe quoi, la peur de la mort sans doute. La religion, c'est un objet d'étude, pour moi. Mais j'ai aussi une certaine sympathie pour la connerie des hommes, leur volonté de défendre leur peau, tout ce que l'humanité produit même de mauvais m'intéresse. Mon domaine est celui de la science politique, mais celle qui s'intéresse à la gouvernance, je m'en fous, ce qui me passionne, c'est le "border line", pourquoi ils vont au FN ou dans les sphères marginales. Il y a un défaut de spiritualité dans la société, aucune société ne peut fonctionner sans balise et sans interdit, c'est sans doute le réactionnaire qui parle. Le rituel est partout, les rituels laïques et sécularisés de la République ont remplacé les rituels religieux. Quand Mitterand monte au Panthéon avec les trois roses, c'est un rituel.


La politique justement, on vous a entendu dire des choses positives sur Sarkozy, on ne vous attendait pas, avec le passé militant qui est le vôtre, dans ce camp...

Quand Sarkozy a posé le problème du financement des lieux de culte musulman, il a posé un véritable question de société, je dois le reconnaître, il mettait le doigt sur une question pertinente. On a 300 000 juifs, 400 000 bouddhistes, et 2 millions de musulmans français, mais ces derniers ne sont pas placés sur un pied d'égalité, en raison de la situation sociale de la majorité. Le bail emphytéotique est un financement occulte et au culte, qui ne dit pas son nom, c'est la loi de 1901 qu'il faut réviser. Mais voilà dès que l'on énonce cela, il y a raidissement d'un certain nombre de gens, de mon âge d'ailleurs. Ils refusent de comprendre que c'est la société qui a changé, et que la laïcité doit changer avec elle.


Qu'entendez-vous par cela ?


Mon pépé quand il voyait un curé dans la rue, il courait après lui et faisait "croa, croa". C'est terminé, les curés n'ont plus de soutane et ils ne sont plus dans la rue. La première enquête que nous avons menée avec l'Observatoire du religieux était de Franck Frégosi et Jocelyne Césari, c'était en 1980, et elle portait sur la mosquée de la Porte d'Aix, du recteur Allili. On a fait rigoler tout le monde. On dit qu'il y a 60 synagogues à Marseille, mais on n'en parle pas comme on parle des moquées. Ce n'est pas anti sémite ce que je dis, la société a changé, c'est tout. La Soka Gakkai à Trets, nous l'avons étudiée avec Raphaël Liogier et l'Observatoire du religieux. Le mot secte en sociologie n'est pas péjoratif, je sais bien qu'il y a des sectes plus ou moins douteuses, mais ce que je conteste, ce sont ces rapports parlementaires, sans valeur juridique, qui prétendent définir ce que sont les bonnes et mauvaises religions. Mes copains y compris mes frangins me disent qu'il n'y a pas d'adjectif à laïcité, pour moi, il existe. Et je souhaite une laicité "ouverte". Prenons l'exemple de la grande mosquée de Marseille, je n'en suis pas un partisan à tout crin, je pense que les mosquées de proximité sont tout aussi utiles. Mais voilà pour des raisons stratégiques ou clientélistes, je ne sais, il a été décidé la construction d'une grande mosquée, tournée vers la Méditérranée. On va donner un bail emphytéotique et alors ? Par ce biais, le tissu associatif va être contrôlé, je préfére cela à des islamistes occupant des mosquées partout dans les quartiers. Je suis hostile aux discours sur les communautés. Si l'on en croit certains, la France est menacée par le communautarisme à l'américaine, c'est une stupidité. L'histoire n'est pas la même, en plus là bas 90% des personnes croient en Dieu, alors que le taux est de 23% en France.
La communauté n'existe pas. En sociologie, c'est un ensemble de personnes qui se réunissent et qui n'ont pas besoin d'intervention extérieure pour régler leurs problèmes internes. Or à Marseille, toutes les élections du culte musulman se sont terminées devant le tribunal, c'est là même chose pour les élections au consistoire israélite. Nous estimons qu'il existe au moins cinq groupes concurrentiels au sein de la dite communauté musulmane marseillaise



Comment pourra-t-on harmoniser les cultes ?


Cela se fera par l'Europe, nous nous adapterons ou sinon le juge européen va nous aligner sur le statut des cultes reconnus. Sarkozy, en fait, dans ses propositions est sur un modèle allemand. Dans lequel la collectivité passe un accord avec une association cultuelle ou culturelle qui rend des services à la collectivité. Je ne crois pas à la volonté des hommes politiques, le fait est qu'ils sont confrontés au principe de réalité et il y a un moment où ils doivent négocier. C'est ainsi que les choses fonctionnent.

La réalité actuelle est donc la multi-appartenance ?


Certains cathos font des sessions de méditation chez les bouddhistes. Je constate également que dans les loges il y a des musulmans et des catholiques qui continuent à pratiquer alors qu'à mon époque on était laïque et socialiste. La double appartenance est un fait, la société a généré un super market des biens religieux et tout le monde pioche. Pourquoi on ne pourrait pas avoir deux voies spirituelles, si cela vous fait du bien, psychologiquement ou pour le cancer ? C'est un aspect que j'aborde dans mon ouvrage, L'Eglise, l'Etat et l'Entreprise. Dans ce pays de rationalité, il faut appartenir à un seul truc. La réalité est que, à cause de mondialisation ou du phénomène market, on a plusieurs appartenances. Est-ce que les gens sont moins barjots qu'il y a 50 ans, je ne crois pas.

La franc maçonnerie dans tout cela ?


J'y suis rentré pour des raisons politiques, mon grand-père était communiste et mon parrain maçon. J'y suis resté parce que ce qui m'intéresse c'est d'avancer soi même. Pour moi la FM s'inscrit dans le champ religieux, au même titre que le bouddhisme. Les jeunes, ne vont plus rejoindre la Franc maçonnerie pour les mêmes raisons. Moi à l'époque, j'étais de gauche, tiersmondiste, maintenant les jeunes qui nous rejoignent le font pour d'autres raisons. Ils ne recherchent pas une annexe du PS, ils veulent de la spiritualité, une spiritialité laïque, hors des institutions ecclésiastiques. La grande suprise, c'est la présence de beurs et beurettes. Il y a au moins deux loges de la Grande loge féminine à Marseille qui sont dirigées par des musulmanes, et le vénérable de mon atelier était jusqu'en 2007 musulman. Il y a 40 ans, les rares musulmans qui adhéraient à la FM étaient athées, ce n'est plus le cas. La FM a été chrétienne, impériale, monarchique , c'est une institution humaine, elle a un inconvénient, les apparatchiks produisent un discours qui ne reflète pas toujours ce qui se passe dans les loges. Parce que ce qui se passe là, à l'intérieur des loges et des régions, ce sont des débats incroyables, d'une grande qualité. La Franc maçonnerie est confrontée à deux courants, l'un est porté sur l'extériorisation, la stratégie au sein de la société et l'autre qui dit aux frères, commencez à construire ce que vous êtes et vous serez meilleurs dans la société. Jusqu'à maintenant et depuis la IIIe République, la première tendance était majoritaire. Aujourd'hui, c'est l'autre qui est en train de le devenir. Il y a un changement qualitatif, globalement, au Grand orient de France, soit mille loges, 130 travaillent au rite REAA faisant référence au Grand Architecte, une centaine au RER qui est chrétien, une centaine au rite français rétabli ancien. Donc il y a au moins un tiers qui croient au Grand Architecte au Grand Orient. Sur le terrain, la composition des loges sur Aix est à peu près la composition socio professionnelle et politique de la société française. A l'exception de l'extrême droite, rare en FM, de l'extrême gauche inexistante à part quelques anciens trotskistes. Mais on ne commence plus en FM avant 35 ans, à mon époque c'était 2O. Il n'y a plus d'ouvriers, pas de paysans, à part quelques viticulteurs plutôt bourgeois. Pour moi, la Franc maçonnerie n'est pas LA solution au problème du monde moderne, mais peut faire partie de la solution. C'est une vieille idée d'un vieux pasteur, Wilfrid Monod, père des deux Monod, qui avait créé le Tiers ordre des veilleurs. Je crois en des groupes discrets, pas forcément secrets, mais qui travaillent à l'abri du prime time, de l'audimat, et qui sont des éveilleurs. Des gens qui posent des questions impertinentes, mais qui sont aussi des veilleurs, des gens capables de dire "oh société tu as la fièvre, si tu veux casser le thermomètre, c'est ton problème mais attention". Il me semble que dans le cadre d'une spiritualité laïque, dégagée des Eglises et des partis, la FM moderne qui a 250 ans, qui a survécu à tous les régimes est un lieu où cela peut se passer. Chacun à sa place doit être meilleur et le monde fonctionnera mieux.




Merci à ALI pour ce commentaire ci-dessous:
Son lien : http://fatahelbab.over-blog.com/


On peut définir cet intellectuel méridional comme un « pontife », un homme qui bâtit des ponts. entre les cultures, les religions et ses semblables.

Il fut un des premiers à s'intéresser au phènomène religieux du point de vue du sociologue et, à ce titre, cet arabophone, diplômé de l'institut Bourguiba des langues (Tunis), s'interessât particulièrement à l'islam comme en témoigne ses nombreux ouvrages : La France et l'Islam, Islam : des questions qui fâchent, L'Islamisme radical.

A propos du radicalisme musulman, il soutenait que cette mouvance de l'islam procédait non d'un cheminement linéaire de la tradition islamique, mais bien d'une influence occidentale où le mimétisme aveugle joue le rôle de catalyseur.

Bruno Etienne illustrait aussi les arcanes de l'ésotérisme musulman, en témoigne un article paru dans la revue « Vers la Tradition" où il donne le plan « ésotérique de la Smalah d'Abd-el-Kader, plan qui relève d'une géographie sacrée.

Partisan d'un islam gallican, seul à même de le réformer, il plaidait pour l'abandon de l'ethnocentrisme et l'affirmation de l'universalité du message mohammedien.

Ce Franc-Maçon du Grand-Orient de France n'en était pas moins un anti-jacobin, adveraire du cesaro-papisme étatique. Si l'Etat doit être reconnu par tous, il appartient aussi à l'Etat de reconnaître les différences et les protéger : sectes, bouddhisme, islam mais aussi régionalisme ont droit à une déférence qui leur est trop souvent niée par l'Etat Central lequel devrait, à l'instar d'autres pays européens, subsidier les cultes, les encadrer et reconnaître leur dimension sociale.

Avec lui disparaît un humaniste, un de plus, nous n'en connaissons plus beaucoup, le désert culturel gagne chaque jour d'immenses espaces autrefois fertiles d'échanges et de discussions; la pensée unique progresse et, avec elle, la désolante ignorance.



# Posté le samedi 07 mars 2009 06:25
Modifié le samedi 07 mars 2009 08:33

COMMUNIQUÉ DE PRESSE AMNESTY INTERNATIONAL

COMMUNIQUÉ DE PRESSE AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International a révélé ce lundi 23 février qu'Israël et le Hamas avaient utilisé des armes d'origine étrangère pour lancer des attaques contre des civils. L'organisation a également apporté de nouvelles informations sur les munitions employées pendant le conflit de trois semaines qui a eu lieu à Gaza et dans le sud d'Israël, et appelé les Nations unies à appliquer un embargo total sur les armes à destination des parties à ce conflit.

« Les forces israéliennes ont utilisé le phosphore blanc et d'autres armes fournies par les États-Unis pour commettre de graves violations du droit international humanitaire, et notamment des crimes de guerre. Leurs attaques ont causé la mort de centaines d'enfants et d'autres civils, ainsi que des destructions à grande échelle de logements et d'infrastructures », a déclaré Donatella Rovera, qui dirigeait la mission d'enquête d'Amnesty International dans le sud d'Israël et à Gaza. « Au cours de la même période, le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens ont procédé à des centaines de tirs de roquettes sur des zones d'Israël habitées par des civils. Les roquettes ou leurs composants étaient d'origine étrangère. Bien moins létales que l'armement israélien, ces roquettes ont pourtant causé plusieurs morts chez les civils, et leur utilisation constitue également un crime de guerre. »

Avant le conflit, les fournisseurs d'armes des deux camps savaient déjà que cet armement était souvent utilisées de manière abusive par les deux parties. Ces fournisseurs sont responsables des violations perpétrées avec leurs armes et doivent immédiatement arrêter leurs transferts.

« Les États-Unis sont un important fournisseur d'armes pour Israël. Ils ont donc une obligation particulière de mettre un terme aux approvisionnements qui constituent une violation des lois de la guerre et des droits humains. Le gouvernement du président Obama doit immédiatement suspendre son aide militaire à Israël », a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient chez Amnesty International.

Pendant de nombreuses années, les États-Unis ont été un important fournisseur d'armes classiques pour Israël. Selon un accord d'une durée de dix ans allant jusqu'en 2017, les États-Unis doivent fournir à Israël une aide militaire de 30 milliards de dollars (environ 23 milliards d'euros), soit une augmentation de 25 % par rapport à la période qui a précédé le gouvernement Bush.

« Dans une grande mesure, l'offensive militaire israélienne à Gaza a été menée avec des armes, des munitions et un équipement militaire fournis par les États-Unis et payés par le contribuable américain », a ajouté Malcolm Smart.

À Gaza, après la fin des affrontements, les chercheurs d'Amnesty International ont retrouvé des fragments et composants de munitions utilisées par l'armée israélienne. Ces débris jonchaient les terrains de jeux des écoles, les hôpitaux et les maisons. Beaucoup de ces munitions étaient de fabrication américaine. Il s'agissait notamment de restes d'obus d'artillerie et de chars, d'ailettes de mortier, de fragments de missiles Hellfire, ainsi que de bombes généralement larguées par des F-16. Les chercheurs ont aussi retrouvé des restes encore incandescents de phosphore blanc.

Ils ont également examiné les débris d'un nouveau type de missile, apparemment lancé par des drones, qui, en explosant, projette une multitude de petits cubes aux bords acérés. Ces éclats meurtriers avaient pénétré d'épaisses portes de métal ou se trouvaient profondément enfoncés dans des murs de béton. Ils étaient clairement conçus pour maximiser les blessures.

Dans le sud d'Israël, Amnesty International a retrouvé les restes de roquettes Qassam et Grad, entre autres, qui avaient été tirées par le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens sur des zones civiles. Ces armes relativement rudimentaires sont soit introduites clandestinement à Gaza ou assemblées sur place à partir de composants secrètement amenés depuis l'étranger. Elles ne sont pas précises et ne sauraient être comparées avec l'arsenal déployé par Israël, mais ont quand même tué plusieurs civils israéliens, blessé d'autres civils et endommagés des biens immobiliers civils.

« Nous demandons au Conseil de sécurité des Nations unies d'imposer un embargo immédiat et total sur les armes à destination d'Israël, du Hamas et des autres groupes armés palestiniens tant que des mécanismes efficaces n'ont pas été mis en place pour empêcher une utilisation des munitions et autres équipements militaires absolument contraire au droit international », a déclaré Malcolm Smart. « Par ailleurs, tous les États doivent suspendre leurs transferts de munitions, d'équipements et d'aides militaires à Israël, au Hamas et aux autres groupes armés palestiniens tant qu'il subsiste un risque sérieux de violation des droits humains. Il ne faut pas revenir à la situation initiale, ce qui aurait évidemment des conséquences désastreuses pour les civils de Gaza et d'Israël. »
# Posté le dimanche 01 mars 2009 23:23

CULTURE DE RESISTANCE VERSUS DEFAITE .

CULTURE DE RESISTANCE VERSUS DEFAITE .
Gaza 2009 :
Culture de résistance versus défaite



Les effusions de sang encore en cours à Gaza et l'aptitude des Palestiniens à résister intelligemment à la quatrième plus puissante armée du monde sont au c½ur de la polémique qui agite certaines forces politiques palestiniennes. Pendant la guerre génocidaire de 22 jours, le régime d'apartheid israélien a utilisé contre la population palestinienne des avions de combat F-16, des hélicoptères Apache, des chars d'assaut Merkava, ainsi que des armes conventionnelles et non conventionnelles.
Cette guerre a suscité de sérieuses questions sur la notion même de résistance et pour savoir si son aboutissement est une victoire, ou au contraire une défaite pour le peuple palestinien ?

Est-ce que la brutale agression israélienne longue de 22 jours peut être considérée comme une victoire par les Palestiniens ?



La même question a été posée en 2006 lorsque le régime d'apartheid a déclenché la guerre contre le peuple libanais et tué sauvagement plus de 1200 Libanais.

Au début de la guerre à Gaza, certains dirigeants palestiniens nous ont affirmé que « les deux parties étaient responsables de cette guerre » et que « le Hamas devait cesser les tirs de roquettes depuis Gaza ». Ces mêmes dirigeants ont estimé que la résistance, sous toutes ses formes, violente et autres, est « futile ». A présent que le nombre de bombes sur Gaza a diminué, le conflit se focalise sur la question de savoir si l'aboutissement de la guerre est une victoire ou une défaite.

Pour la classe dirigeante israélienne, comme pour le camp des défaitistes palestiniens, la réponse est claire - malgré le fait qu'aucun objectif annoncé au début de la guerre n'ait été atteint - le nombre de martyrs, handicapés et sans-abris sert à déterminer une victoire ou une défaite.

Cette approche néglige de reconnaître qu'aucun de ces soit disant « objectifs » de guerre n'a été atteint : le Hamas est toujours au pouvoir ; des roquettes sont toujours lancées ; aucune force pro-Oslo n'a été réinstallée dans la Bande de Gaza. Après la brutalité (in)attendue des forces d'occupation israéliennes, certains intellectuels et politiques palestiniens posent désormais cette question : « cela en valait-il la peine ? ». Le « cela » reste ambigu, tout dépend de la réaction des auditeurs/lecteurs. Ce qui est intéressant ici est le changement radical qui a affecté certaines forces nationales, en particulier, celles de gauche et les intellectuels s'en réclamant. Ils ont passé d'une interprétation mécanique à une interprétation dialectique de l'histoire et de leur rôle.

La guerre à Gaza fut ressentie comme un tsunami politique qui n'a pas seulement mis un terme à la fiction d'une solution de deux états et replacé la libération au lieu de l'indépendance dans l'agenda politique, mais elle a également créé une nouvelle carte politique palestinienne amorçant un nouveau débat intellectuel sur son aboutissement. Cette nouvelle classification de l'intelligentsia et de la classe dirigeante palestiniennes a amené plusieurs ex-gauchistes à rejoindre l'hymne de l'aile droite d'Oslo et sa culture du défaitisme.

Contrairement à l'intelligentsia d'Oslo, la nouvelle gauche pragmatique se démarque par sa démagogie, son opportunisme et sa vision à court terme. L'attitude de ces intellectuels ONG-istes (ceux émergeant de fonds occidentaux non-gouvernementaux - ONG) ne montrent aucun attachement à leur responsabilité historique et nationale.

L'affirmation célèbre de Michel Foucault « là où il y a pouvoir, il y a résistance » nous aide à théoriser la résistance politique, et donc culturelle, évoquées dans certaines discussions post-guerre. En ce qui concerne la notion même de résistance, il vaut la peine de citer Frantz Fanon sur le rôle de l' « intellectuel natif (colonisé) » pendant la « phase de combat » : « Le natif (le colonisé) après avoir tenté de se perdre dans le peuple, de se perdre avec le peuple, va au contraire secouer le peuple...il se transforme en réveilleur du peuple, d'où surgira la littérature de combat et nationale ».

D'un autre côté, toujours selon la théorie de Fanon, il existe des intellectuels qui « prouvent qu'ils ont assimilé la culture de l'occupant. [Leurs] ½uvres correspondent point par point à celles de [leurs] homologues dans la mère-patrie. [Leur] inspiration est européenne (c'est-à-dire occidentale)... » D'où l'adoption de la narration israélienne par quelques intellectuels palestiniens, comprenant également les ONG-istes de gauche, par laquelle Israël se disculpe de ses crimes : « nous sommes à blâmer pour ce qui s'est passé ; » « nous n'avons pas été consultés lorsque le Hamas a commencé la guerre ! » ; « le peuple paie le prix, non le mouvement de résistance ; » « le Hamas aurait dû renouveler la trêve ; » « le Hamas aurait dû comprendre que nous ne pouvions nous permettre de perdre autant de vies ; » « il n'y avait aucune résistance dans les rues de Gaza, les hommes de la résistance ont fui dès l'arrivée du premier char d'assaut. »

Du même coup, on devrait également condamner la résistance à l'occupation des Algériens, des Africains du Sud, des Français, des Vietnamiens et des Egyptiens. En Afrique du Sud, la même logique était utilisée par les chefs des bantoustans contre le mouvement anti-apartheid, ainsi que par le gouvernement de Vichy, par le gouvernement sud vietnamien, par les forces égyptiennes en 1956 contre le gouvernement progressiste de Gamal Abdel Nasser, et même en 2006 par la coalition (Siniora-Jumblatt-Geagea-Hariri) libanaise du 14 Mars.

Il est clair, que l'assimilation de la mentalité occidentale par les intellectuels, au travers d'un processus de ONG-isation, et donc d'Oslo-isation, les amène à mépriser la culture de résistance comme étant inutile, futile et sans espoir. La résistance n'est pas seulement l'aptitude à se défendre contre un puissant ennemi militaire, mais également à résister intelligemment à l'occupation de la terre.

Les défaitistes d'Oslo et le camp néo-gauchiste n'ont pas réussi à utiliser astucieusement le pouvoir du peuple ou même à reconnaître son existence. Ils ont échoué parce qu'ils veulent lutter selon les conditions israéliennes en adoptant une dichotomie Israël versus Hamas, plutôt que celle du régime d'apartheid israélien versus le peuple palestinien - au lieu de considérer leurs points forts : à savoir, qu'ils sont les natifs de la terre, que des lois internationales soutiennent leurs revendications, qu'ils sont les véritables représentants de la moralité, et qu'ils ont le soutien de la communauté civile internationale, etc....

Une leçon à tirer de la lutte sud-africaine contre le régime d'apartheid est la manière dont elle a essayé de définir une résistance basée sur « quatre piliers de lutte » : lutte armée, mobilisation interne massive, solidarité internationale et mouvement politique clandestin. Malheureusement, aucun de ces piliers ne semble correspondre au paradigme néo-gauchiste palestinien.

Les OGN-istes de gauche sont en rupture avec les principes critiques de l'héritage de ceux tels que Ghassan Kanafani, Edward Saïd et Franz Fanon. Selon Saïd, la gauche démocratique séculaire devrait être « un individu qui ne peut être facilement contrôlé par les gouvernements et les corporations (donateurs) et dont la raison d'être est de représenter toutes ces personnes et ces questions que l'on oublie régulièrement ou que l'on enterre sous le tapis ».

La fascinante remarque, qui est aussi d'actualité, du philosophe hongrois George Lukacs pointe dans cette direction, la gauche OGN-iste devrait se manifester maintenant : « lorsque la société intellectuelle arrive à un tournant historique dans sa lutte pour une définition claire de son identité, l'intellectuel devrait être impliqué dans l'ensemble du processus sociopolitique et devrait quitter sa tour d'ivoire ».

Le processus de décolonisation de la culture de résistance insiste sur le droit de considérer l'histoire palestinienne comme une entité holistique, cohérente et intégrale. Cela reflète également une conscience nationale et historique désignant les Palestiniens comme capables d'incarner le changement de leur présent et leur futur sans tenir compte des agendas des donateurs occidentaux, du Quartet et d'autres entités officielles internationales. Pourtant, nous remarquons que les néo-démocrates palestiniens sont incapables d'admettre l'agenda palestinien parce qu'ils refusent de respecter la volonté du peuple telle qu'elle a été exprimée par les bulletins de vote. Au cours de ces deux dernières années, cette position a servi à former une synergie entre les néo-démocrates palestiniens, les donateurs et les entités internationales qui ont mis tout en ½uvre pour délégitimer l'agenda palestinien.

La caractéristique fondamentale de l'idéologie défaitiste est le manque de conscience politique et la recherche de solutions individuelles - celle-ci contredit la réalité collective nationale du peuple palestinien colonisé. La conscience politique doit commencer par le rejet des conditions imposées à la majorité des Palestiniens par l'occupation israélienne et le Quartet (Russie, Etats-Unis, Nations-Unies et l'Union Européenne), et même plus important encore, le rejet des miettes offertes à une minorité choisie de Palestiniens comme récompense pour bonne conduite.

En effet, la conscience de classe est dialectiquement en lien avec la lutte pour la libération nationale. Ce sont les intérêts de certains groupes d'ONG-istes, ex-gauchistes et néolibéraux, dont la perspective défaitiste sur l'issue de Gaza 2009 est diffusée avec l'aide de quelques médias impopulaires, qui sont ici mis en cause et non pas les intérêts du peuple palestinien qui ont accru leur légitimité par une résistance acharnée au bombardement israélien.

Les Oslo-istes et ONG-istes affirment que la seule solution au conflit israélo-palestinien est la création de deux états. Fondamentalement, cela signifie la création d'une Palestine indépendante sur 22 % de la Palestine mandataire. Selon eux, l'indépendance ne sera obtenue que par le biais de négociations, bien que plus de dix ans de négociations n'aient en aucune manière altéré la position israélienne. La création d'un état palestinien n'est mentionnée dans aucune clause des accords d'Oslo, laissant ainsi la tâche à être déterminée par l'équilibre des pouvoirs dans la région. Cet équilibre penche en faveur d'Israël qui rejette la création d'un état palestinien souverain, bien qu'Israël ait reconnu le peuple palestinien et son mouvement national : l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP).

Aucun parti israélien, que ce soit le Parti Travailliste, le Likoud, ou Kadima n'est prêt à accepter un état palestinien comme étant le droit légitime du peuple palestinien à l'autodétermination. L'impasse dans laquelle se trouvent les négociations a prouvé que l'opposition voyait juste.

D'où, les résultats « choquants » des élections 2006, par lesquelles le Hamas a obtenu la majorité des sièges au Conseil Législatif Palestinien. Les libéraux et ceux de gauche ont été « surpris » et même se sont sentis « trahis » ! Depuis, des accusations d'immaturité et même de « sous-développement » du peuple palestinien ont été lancées. Rien n'a été mentionné au sujet de l'échec du « processus de paix » ; ni la fin de la solution de deux états, ni la nécessité d'un nouveau programme national qui serait capable de mobiliser les masses. Un programme qui serait par nature démocratique, un programme qui respecterait la résistance sous toutes ses formes et, en fin de compte, garantirait une paix juste.

C'est le manque d'une vision politique et d'un programme idéologique clairement défini qui permet aux classes d'Oslo-istes de se contorsionner. C'est ce manque qui les prépare à reconnaître « un état juif » à côté d'un état palestinien et qui justifie les pratiques discriminatoires israéliennes contre ses citoyens non juifs, en majorité des citoyens palestiniens et résidents de 1948, et la fin du droit au retour de plus de six millions de réfugiés.

Ce qui nous est constamment répété est de :
soit accepter une occupation israélienne désastreuse : la présence continuelle d'un mur d'apartheid, les colonies, les check-points, les routes en zigzag, la codification de couleurs différentes des numéros d'immatriculation, les démolitions de maisons et une coordination de sécurité supervisée par un général américain à la retraite ;
ou de nous voir imposer un siège hermétique et médiéval, mais de mourir avec dignité.

La première option semble être celle qui est préférée par certains activistes ONG-istes.

Toutefois le nouveau programme, qui est si nécessaire, doit faire le lien entre toutes les luttes palestiniennes : l'occupation de Gaza et de la Cisjordanie, la discrimination ethnique israélienne et les violations des droits de plus d'un million de citoyens palestiniens, ainsi que les réfugiés déplacés de 1948 vivant à l'extérieur.

Gaza 2009 n'était pas une défaite mais bien une victoire, parce que, dans la Bande de Gaza, les Israéliens ont tué dans l'½uf la solution de deux états ; c'est une victoire acquise par le sang des enfants, hommes et femmes qui ont sacrifié leur vie pour que nous pussions vivre et continuer notre résistance au lieu de capituler.

Ces Palestiniens qui pleurent la solution de deux prisons sont en total décalage avec les nouveaux faits sur le terrain : il ne peut y avoir de retour à des solutions et des négociations fictives ; c'est maintenant le moment de donner un élan final afin d'atteindre une liberté et un état réels. Ces Palestiniens en deuil peuvent, soit rejoindre d'autres Palestiniens et internationaux pour exiger un état séculaire et démocratique avec des droits égaux pour tous dans la Palestine mandataire, soit être rejetés dans les poubelles de l'histoire.


Dr. Haidar Eid pour "L'avenir c'est maintenant"
The Electronic Intifada





# Posté le lundi 23 février 2009 01:06