En France, on le sait bien, tous les voleurs ne sont pas soumis au même traitement. Il y a les voleurs de luxe et les voleurs de sucettes. Les voleurs de sucettes, tout le monde les connaît. Je parle de ceux qui commettent des petits délits et répondent (logiquement je précise pour ne pas me faire taxer d'indulgence) de leurs actes.
Les voleurs de luxe, ce sont ceux qui vont placer en fraude leur pognon dans les paradis fiscaux. Ces voleurs, qui font beaucoup plus de dommages à notre pays que les voleurs de sucettes, bénéficient de la part des gouvernements successifs (de gauche comme de droite) d'une extrême indulgence.
Dernièrement, Eric Woerth, ministre du Budget, nous expliquait qu'il avait la liste de 3000 crapules en col blanc, et qu'il leur demandait de régulariser leur situation d'ici à la fin de l'année.
« Régulariser », la formule en elle-même à de quoi surprendre.
Demande-t-on à un braqueur de banque de venir régulariser sa situation ? Non, bien sûr.
Mais les crapules en col blanc, ce sont un peu nos aristocrates à nous. Ce n'est pas du sang ordinaire qui coule dans leurs veines, comme pourraient chanter Sardou et Garou, mais du sang couleur de billets.
Et comme on n'est jamais assez déférent avec ceux qui possèdent l'oseille, Eric Woerth vient de donner un nouveau délai aux crapules pour qu'elles viennent se refaire une virginité au Trésor.
La Ve République étant morte d'épuisement en 2009,
vive la nouvelle Ripoublique !
TOUPAGA
B.TESTA