In memoriam Bruno Etienne

In memoriam Bruno Etienne
Il présidait l'observatoire des religions au sein de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, le professeur Bruno Etienne s'est éteint le 4 mars 2009.


Bruno Etienne: "La religion est devenue un supermarché et pourquoi pas ?"
Par pwallez le mardi 30 septembre 2008,

Atteint d'un cancer, dont le traitement l'a contraint à différer la sortie d'un nouveau livre, l'intellectuel aixois poursuit ses recherches sur le phénomène des religions
Dans la salle d'étude, aménagée dans le jardin d'une propriété d'Aix, les quintes de toux secouent sa grande carcasse, charpentée par une adolescence d'ascétisme et une longue pratique des arts martiaux à l'âge adulte. Le professeur Bruno Etienne est malade et il ne cache pas, sans s'étendre, qu'il s'agit d'un cancer.
La religion n'est pas devenue pour autant thérapie, besoin vital. En tous cas pas davantage qu'avant la découverte de la maladie. "J'ai toujours été à la fois un chercheur et un cherchant". Se situant à la fois en dehors et dedans. Il dissèque au scalpel de l'anthropologue, sociologue, politologue cet objet d'études "depuis 45 ans". Mais il rajoute une intensité qui le questionne lui-même. "Déjà à l'âge de 14 ans, j'avais un goût immodéré des livres sacrés que mon psy qualifierait de tordu. J'ai une collection de Talmud, de Bible, de Coran et je connais ces deux derniers textes par coeur".



Musulman et franc-maçon


C'est le mécanisme de la croyance qui le fascine. Des croyances plutôt. Son dernier livre (1) étudiait les doubles appartenances au travers du personnage de l'émir Abd el-kader. Comment peut-on adhérer à deux systèmes de croyances a priori aussi lointains que l'islam et la franc-maçonnerie ? Son prochain ouvrage (2) aborde également cet angle. "La société a changé, la religion est devenue un super market dans lequel chacun fait son marché, en mélangeant un peu de tout, avec des emprunts de croyances à diverses confessions, une forme de religion personnalisée. Les exemples pullulent. A mon époque, quand on était franc-maçon, on était laïque, socialiste. Mon pépé de la Roque d'Anthéron, qui était tailleur de pierre et franc- maçon, poursuivait le curé dans la rue en criant "croa, croa". Maintenant, il ne reste plus qu'une loge à Aix où l'on crie "à bas la calotte". O surprise, ma loge était dirigée par un musulman jusqu'à l'an passé et deux ateliers féminins de Marseille ont des beurettes comme vénérables. Qui aurait pu penser que l'on pouvait pratiquer à la fois la franc-maçonnerie et l'islam ? "

Les catholiques nombreux qui se payent des sessions de méditation bouddhiste s'inscrivent, selon le professeur Etienne, dans cette tendance. "Et pourquoi pas? Il n'y a qu'en France, ce pays de rationalité, où il est demandé de ne croire qu'en une seule chose". Ce qu'il décrit avec d'autres comme un besoin de spiritualité, il en trouve la preuve dans les 18 confessions qui sont pratiquées à Marseille. Ce goût de religion est "à l'image d'une société malade et qui cherche".


Inclassable

Déclarant aimer fouiller le "border line", les phénomènes à la marge, le professeur a souvent été jugé inclassable. Élève chez les cathos à la Seyne, puis influencé par son oncle avocat nîmois et prêcheur protestant, Bruno Etienne navigue, dans son auto portrait , entre les étiquettes de neo protestant, agnostique, et franc-maçon, ne renonçant pas d'ailleurs à jauger les uns et les autres à l'aune du sens critique.
Cela peut désorienter certains. "Un jour, il est devenu bouddhiste"s'exclame Mohamed Allili, recteur de la mosquée de la Porte d'Aix, à Marseille, personnage médiatique de l'islam français. Bruno Etienne a bâti une partie de sa notoriété de chercheur sur l'étude de l'islam, au point que l'on a pu croire que le cherchant trouvait sa voie dans le Coran. Dans les années 80, les deux jeunes chercheurs dont il était le mentor, Jocelyne Césari (qui enseigne désormais à Harvard) et Franck Frégosi (chercheur du CNRS), réalisaient sous sa direction une enquête sur la mosquée de la porte d'Aix, et soulevait des questions sur ce qu'il appelle "la laïcité ouverte, malgré ce que disent mes copains et mes frangins. On faisait rigoler tout le monde à l'époque, le sujet est plus que jamais d'actualité".


Un cousinage lointain avec Sarkozy

Inscrit sur la liste de Michel Pezet aux dernières élections municipales à Aix, il s'est retrouvé dans une curieuse situation de cousinage avec Nicolas Sarkozy. "Ministre de l'intérieur, il posait les bonnes questions sur le financement du culte musulman. Les baux emphythéotiques, en particulier celui de la Grande mosquée de Marseille, ne sont qu'un financement occulte. Il faut arrêter l'hypocrisie".
Les religions même bricolées sur le principe du "do-it-yourself" et de la personnalisation sont incontournables selon Bruno Etienne. "Elle apportent les balises et les interdits sans lesquels une société ne peut fonctionner. Moi, j'ai de la sympathie pour la connerie des hommes, leur acharnement à défendre leur peau. Si cela apaise leur souffrance, la peur de la mort, du cancer, pourquoi pas ? En quoi l'histoire de la Vierge est-elle moins ahurissante que celle de la Dianétique qui prétend guérir ? ".

La seule fois où Bruno Etienne évoquera le cancer. "Je recommence à travailler, le traîtement m'avait beaucoup fatigué. Mon livre sortira en début d'année....Inch'Allah"
(1) "Abd el-Kader et la franc-maçonnirie suivi de Soufisme et franc-maçonnerie" chez Dervy, 16 euros
(2) "L'Eglise, l'Etat et l'Entreprise " chez Odile Jacob


Interview intégrale



- Un de vos étudiants raconte que vous vous êtes décrit, une fois, comme étant un mécréant...


Je suis un mécréant, mais comme on dit en provençal. Mon arrière grand-père de la Roque d'Anthéron était un franc-maçon, une autre partie de famille était protestante et résidait de l'autre côté du Rhône. Comme j'étais orphelin, mon grand père m'a mis dans un internat à La Seyne, j'ai bien connu le catholicime. Mon penchant, si j'avais un choix à faire, c'est plutôt le protestantisme. Mon oncle, avocat à Nîmes, prêcheur protestant, m'a marqué. Le protestantisme, c'est la liaison avec les études, on travaille énormément les textes et on est seul chez les protestants. Alors que chez les catholiques, on s'inscrit dans une structure hiérarchique qui nous dit ce qu'il faut penser. Je suis devenu chercheur parce que j'ai eu envie de comprendre. Dès 14 ans j'avais la passion des textes, je connais la Bible et le Coran par coeur. J'ai une collection de Bible, de Coran, de Talmud, mon psychiatre me dira peut-être que c'était tordu à 14 ans d'avoir un goût immodéré des livres.

Vous êtes de quel côté finalement, athée, agnostique ou croyant ?

Posé comme cela, je suis agnostique. Avec 45 ans d'expérience d'anthopologie liée à la religion, je suis devenu d'un relativisme culturel absolu. J'ai découvert jusqu'où les hommes étaient capables de croire, c'est incroyable. En quoi l'histoire de la Vierge Marie est-elle moins ahurissante que la Dianétique de l'Eglise de Scientologie, qui prétend vous guérir. L'humanité est prête à croire tout et n'importe quoi, la peur de la mort sans doute. La religion, c'est un objet d'étude, pour moi. Mais j'ai aussi une certaine sympathie pour la connerie des hommes, leur volonté de défendre leur peau, tout ce que l'humanité produit même de mauvais m'intéresse. Mon domaine est celui de la science politique, mais celle qui s'intéresse à la gouvernance, je m'en fous, ce qui me passionne, c'est le "border line", pourquoi ils vont au FN ou dans les sphères marginales. Il y a un défaut de spiritualité dans la société, aucune société ne peut fonctionner sans balise et sans interdit, c'est sans doute le réactionnaire qui parle. Le rituel est partout, les rituels laïques et sécularisés de la République ont remplacé les rituels religieux. Quand Mitterand monte au Panthéon avec les trois roses, c'est un rituel.


La politique justement, on vous a entendu dire des choses positives sur Sarkozy, on ne vous attendait pas, avec le passé militant qui est le vôtre, dans ce camp...

Quand Sarkozy a posé le problème du financement des lieux de culte musulman, il a posé un véritable question de société, je dois le reconnaître, il mettait le doigt sur une question pertinente. On a 300 000 juifs, 400 000 bouddhistes, et 2 millions de musulmans français, mais ces derniers ne sont pas placés sur un pied d'égalité, en raison de la situation sociale de la majorité. Le bail emphytéotique est un financement occulte et au culte, qui ne dit pas son nom, c'est la loi de 1901 qu'il faut réviser. Mais voilà dès que l'on énonce cela, il y a raidissement d'un certain nombre de gens, de mon âge d'ailleurs. Ils refusent de comprendre que c'est la société qui a changé, et que la laïcité doit changer avec elle.


Qu'entendez-vous par cela ?


Mon pépé quand il voyait un curé dans la rue, il courait après lui et faisait "croa, croa". C'est terminé, les curés n'ont plus de soutane et ils ne sont plus dans la rue. La première enquête que nous avons menée avec l'Observatoire du religieux était de Franck Frégosi et Jocelyne Césari, c'était en 1980, et elle portait sur la mosquée de la Porte d'Aix, du recteur Allili. On a fait rigoler tout le monde. On dit qu'il y a 60 synagogues à Marseille, mais on n'en parle pas comme on parle des moquées. Ce n'est pas anti sémite ce que je dis, la société a changé, c'est tout. La Soka Gakkai à Trets, nous l'avons étudiée avec Raphaël Liogier et l'Observatoire du religieux. Le mot secte en sociologie n'est pas péjoratif, je sais bien qu'il y a des sectes plus ou moins douteuses, mais ce que je conteste, ce sont ces rapports parlementaires, sans valeur juridique, qui prétendent définir ce que sont les bonnes et mauvaises religions. Mes copains y compris mes frangins me disent qu'il n'y a pas d'adjectif à laïcité, pour moi, il existe. Et je souhaite une laicité "ouverte". Prenons l'exemple de la grande mosquée de Marseille, je n'en suis pas un partisan à tout crin, je pense que les mosquées de proximité sont tout aussi utiles. Mais voilà pour des raisons stratégiques ou clientélistes, je ne sais, il a été décidé la construction d'une grande mosquée, tournée vers la Méditérranée. On va donner un bail emphytéotique et alors ? Par ce biais, le tissu associatif va être contrôlé, je préfére cela à des islamistes occupant des mosquées partout dans les quartiers. Je suis hostile aux discours sur les communautés. Si l'on en croit certains, la France est menacée par le communautarisme à l'américaine, c'est une stupidité. L'histoire n'est pas la même, en plus là bas 90% des personnes croient en Dieu, alors que le taux est de 23% en France.
La communauté n'existe pas. En sociologie, c'est un ensemble de personnes qui se réunissent et qui n'ont pas besoin d'intervention extérieure pour régler leurs problèmes internes. Or à Marseille, toutes les élections du culte musulman se sont terminées devant le tribunal, c'est là même chose pour les élections au consistoire israélite. Nous estimons qu'il existe au moins cinq groupes concurrentiels au sein de la dite communauté musulmane marseillaise



Comment pourra-t-on harmoniser les cultes ?


Cela se fera par l'Europe, nous nous adapterons ou sinon le juge européen va nous aligner sur le statut des cultes reconnus. Sarkozy, en fait, dans ses propositions est sur un modèle allemand. Dans lequel la collectivité passe un accord avec une association cultuelle ou culturelle qui rend des services à la collectivité. Je ne crois pas à la volonté des hommes politiques, le fait est qu'ils sont confrontés au principe de réalité et il y a un moment où ils doivent négocier. C'est ainsi que les choses fonctionnent.

La réalité actuelle est donc la multi-appartenance ?


Certains cathos font des sessions de méditation chez les bouddhistes. Je constate également que dans les loges il y a des musulmans et des catholiques qui continuent à pratiquer alors qu'à mon époque on était laïque et socialiste. La double appartenance est un fait, la société a généré un super market des biens religieux et tout le monde pioche. Pourquoi on ne pourrait pas avoir deux voies spirituelles, si cela vous fait du bien, psychologiquement ou pour le cancer ? C'est un aspect que j'aborde dans mon ouvrage, L'Eglise, l'Etat et l'Entreprise. Dans ce pays de rationalité, il faut appartenir à un seul truc. La réalité est que, à cause de mondialisation ou du phénomène market, on a plusieurs appartenances. Est-ce que les gens sont moins barjots qu'il y a 50 ans, je ne crois pas.

La franc maçonnerie dans tout cela ?


J'y suis rentré pour des raisons politiques, mon grand-père était communiste et mon parrain maçon. J'y suis resté parce que ce qui m'intéresse c'est d'avancer soi même. Pour moi la FM s'inscrit dans le champ religieux, au même titre que le bouddhisme. Les jeunes, ne vont plus rejoindre la Franc maçonnerie pour les mêmes raisons. Moi à l'époque, j'étais de gauche, tiersmondiste, maintenant les jeunes qui nous rejoignent le font pour d'autres raisons. Ils ne recherchent pas une annexe du PS, ils veulent de la spiritualité, une spiritialité laïque, hors des institutions ecclésiastiques. La grande suprise, c'est la présence de beurs et beurettes. Il y a au moins deux loges de la Grande loge féminine à Marseille qui sont dirigées par des musulmanes, et le vénérable de mon atelier était jusqu'en 2007 musulman. Il y a 40 ans, les rares musulmans qui adhéraient à la FM étaient athées, ce n'est plus le cas. La FM a été chrétienne, impériale, monarchique , c'est une institution humaine, elle a un inconvénient, les apparatchiks produisent un discours qui ne reflète pas toujours ce qui se passe dans les loges. Parce que ce qui se passe là, à l'intérieur des loges et des régions, ce sont des débats incroyables, d'une grande qualité. La Franc maçonnerie est confrontée à deux courants, l'un est porté sur l'extériorisation, la stratégie au sein de la société et l'autre qui dit aux frères, commencez à construire ce que vous êtes et vous serez meilleurs dans la société. Jusqu'à maintenant et depuis la IIIe République, la première tendance était majoritaire. Aujourd'hui, c'est l'autre qui est en train de le devenir. Il y a un changement qualitatif, globalement, au Grand orient de France, soit mille loges, 130 travaillent au rite REAA faisant référence au Grand Architecte, une centaine au RER qui est chrétien, une centaine au rite français rétabli ancien. Donc il y a au moins un tiers qui croient au Grand Architecte au Grand Orient. Sur le terrain, la composition des loges sur Aix est à peu près la composition socio professionnelle et politique de la société française. A l'exception de l'extrême droite, rare en FM, de l'extrême gauche inexistante à part quelques anciens trotskistes. Mais on ne commence plus en FM avant 35 ans, à mon époque c'était 2O. Il n'y a plus d'ouvriers, pas de paysans, à part quelques viticulteurs plutôt bourgeois. Pour moi, la Franc maçonnerie n'est pas LA solution au problème du monde moderne, mais peut faire partie de la solution. C'est une vieille idée d'un vieux pasteur, Wilfrid Monod, père des deux Monod, qui avait créé le Tiers ordre des veilleurs. Je crois en des groupes discrets, pas forcément secrets, mais qui travaillent à l'abri du prime time, de l'audimat, et qui sont des éveilleurs. Des gens qui posent des questions impertinentes, mais qui sont aussi des veilleurs, des gens capables de dire "oh société tu as la fièvre, si tu veux casser le thermomètre, c'est ton problème mais attention". Il me semble que dans le cadre d'une spiritualité laïque, dégagée des Eglises et des partis, la FM moderne qui a 250 ans, qui a survécu à tous les régimes est un lieu où cela peut se passer. Chacun à sa place doit être meilleur et le monde fonctionnera mieux.




Merci à ALI pour ce commentaire ci-dessous:
Son lien : http://fatahelbab.over-blog.com/


On peut définir cet intellectuel méridional comme un « pontife », un homme qui bâtit des ponts. entre les cultures, les religions et ses semblables.

Il fut un des premiers à s'intéresser au phènomène religieux du point de vue du sociologue et, à ce titre, cet arabophone, diplômé de l'institut Bourguiba des langues (Tunis), s'interessât particulièrement à l'islam comme en témoigne ses nombreux ouvrages : La France et l'Islam, Islam : des questions qui fâchent, L'Islamisme radical.

A propos du radicalisme musulman, il soutenait que cette mouvance de l'islam procédait non d'un cheminement linéaire de la tradition islamique, mais bien d'une influence occidentale où le mimétisme aveugle joue le rôle de catalyseur.

Bruno Etienne illustrait aussi les arcanes de l'ésotérisme musulman, en témoigne un article paru dans la revue « Vers la Tradition" où il donne le plan « ésotérique de la Smalah d'Abd-el-Kader, plan qui relève d'une géographie sacrée.

Partisan d'un islam gallican, seul à même de le réformer, il plaidait pour l'abandon de l'ethnocentrisme et l'affirmation de l'universalité du message mohammedien.

Ce Franc-Maçon du Grand-Orient de France n'en était pas moins un anti-jacobin, adveraire du cesaro-papisme étatique. Si l'Etat doit être reconnu par tous, il appartient aussi à l'Etat de reconnaître les différences et les protéger : sectes, bouddhisme, islam mais aussi régionalisme ont droit à une déférence qui leur est trop souvent niée par l'Etat Central lequel devrait, à l'instar d'autres pays européens, subsidier les cultes, les encadrer et reconnaître leur dimension sociale.

Avec lui disparaît un humaniste, un de plus, nous n'en connaissons plus beaucoup, le désert culturel gagne chaque jour d'immenses espaces autrefois fertiles d'échanges et de discussions; la pensée unique progresse et, avec elle, la désolante ignorance.



# Posté le samedi 07 mars 2009 06:25

Modifié le samedi 07 mars 2009 08:33

COMMUNIQUÉ DE PRESSE AMNESTY INTERNATIONAL

COMMUNIQUÉ DE PRESSE AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International a révélé ce lundi 23 février qu'Israël et le Hamas avaient utilisé des armes d'origine étrangère pour lancer des attaques contre des civils. L'organisation a également apporté de nouvelles informations sur les munitions employées pendant le conflit de trois semaines qui a eu lieu à Gaza et dans le sud d'Israël, et appelé les Nations unies à appliquer un embargo total sur les armes à destination des parties à ce conflit.

« Les forces israéliennes ont utilisé le phosphore blanc et d'autres armes fournies par les États-Unis pour commettre de graves violations du droit international humanitaire, et notamment des crimes de guerre. Leurs attaques ont causé la mort de centaines d'enfants et d'autres civils, ainsi que des destructions à grande échelle de logements et d'infrastructures », a déclaré Donatella Rovera, qui dirigeait la mission d'enquête d'Amnesty International dans le sud d'Israël et à Gaza. « Au cours de la même période, le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens ont procédé à des centaines de tirs de roquettes sur des zones d'Israël habitées par des civils. Les roquettes ou leurs composants étaient d'origine étrangère. Bien moins létales que l'armement israélien, ces roquettes ont pourtant causé plusieurs morts chez les civils, et leur utilisation constitue également un crime de guerre. »

Avant le conflit, les fournisseurs d'armes des deux camps savaient déjà que cet armement était souvent utilisées de manière abusive par les deux parties. Ces fournisseurs sont responsables des violations perpétrées avec leurs armes et doivent immédiatement arrêter leurs transferts.

« Les États-Unis sont un important fournisseur d'armes pour Israël. Ils ont donc une obligation particulière de mettre un terme aux approvisionnements qui constituent une violation des lois de la guerre et des droits humains. Le gouvernement du président Obama doit immédiatement suspendre son aide militaire à Israël », a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient chez Amnesty International.

Pendant de nombreuses années, les États-Unis ont été un important fournisseur d'armes classiques pour Israël. Selon un accord d'une durée de dix ans allant jusqu'en 2017, les États-Unis doivent fournir à Israël une aide militaire de 30 milliards de dollars (environ 23 milliards d'euros), soit une augmentation de 25 % par rapport à la période qui a précédé le gouvernement Bush.

« Dans une grande mesure, l'offensive militaire israélienne à Gaza a été menée avec des armes, des munitions et un équipement militaire fournis par les États-Unis et payés par le contribuable américain », a ajouté Malcolm Smart.

À Gaza, après la fin des affrontements, les chercheurs d'Amnesty International ont retrouvé des fragments et composants de munitions utilisées par l'armée israélienne. Ces débris jonchaient les terrains de jeux des écoles, les hôpitaux et les maisons. Beaucoup de ces munitions étaient de fabrication américaine. Il s'agissait notamment de restes d'obus d'artillerie et de chars, d'ailettes de mortier, de fragments de missiles Hellfire, ainsi que de bombes généralement larguées par des F-16. Les chercheurs ont aussi retrouvé des restes encore incandescents de phosphore blanc.

Ils ont également examiné les débris d'un nouveau type de missile, apparemment lancé par des drones, qui, en explosant, projette une multitude de petits cubes aux bords acérés. Ces éclats meurtriers avaient pénétré d'épaisses portes de métal ou se trouvaient profondément enfoncés dans des murs de béton. Ils étaient clairement conçus pour maximiser les blessures.

Dans le sud d'Israël, Amnesty International a retrouvé les restes de roquettes Qassam et Grad, entre autres, qui avaient été tirées par le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens sur des zones civiles. Ces armes relativement rudimentaires sont soit introduites clandestinement à Gaza ou assemblées sur place à partir de composants secrètement amenés depuis l'étranger. Elles ne sont pas précises et ne sauraient être comparées avec l'arsenal déployé par Israël, mais ont quand même tué plusieurs civils israéliens, blessé d'autres civils et endommagés des biens immobiliers civils.

« Nous demandons au Conseil de sécurité des Nations unies d'imposer un embargo immédiat et total sur les armes à destination d'Israël, du Hamas et des autres groupes armés palestiniens tant que des mécanismes efficaces n'ont pas été mis en place pour empêcher une utilisation des munitions et autres équipements militaires absolument contraire au droit international », a déclaré Malcolm Smart. « Par ailleurs, tous les États doivent suspendre leurs transferts de munitions, d'équipements et d'aides militaires à Israël, au Hamas et aux autres groupes armés palestiniens tant qu'il subsiste un risque sérieux de violation des droits humains. Il ne faut pas revenir à la situation initiale, ce qui aurait évidemment des conséquences désastreuses pour les civils de Gaza et d'Israël. »

# Posté le dimanche 01 mars 2009 23:23

CULTURE DE RESISTANCE VERSUS DEFAITE .

CULTURE DE RESISTANCE VERSUS DEFAITE .
Gaza 2009 :
Culture de résistance versus défaite



Les effusions de sang encore en cours à Gaza et l'aptitude des Palestiniens à résister intelligemment à la quatrième plus puissante armée du monde sont au c½ur de la polémique qui agite certaines forces politiques palestiniennes. Pendant la guerre génocidaire de 22 jours, le régime d'apartheid israélien a utilisé contre la population palestinienne des avions de combat F-16, des hélicoptères Apache, des chars d'assaut Merkava, ainsi que des armes conventionnelles et non conventionnelles.
Cette guerre a suscité de sérieuses questions sur la notion même de résistance et pour savoir si son aboutissement est une victoire, ou au contraire une défaite pour le peuple palestinien ?

Est-ce que la brutale agression israélienne longue de 22 jours peut être considérée comme une victoire par les Palestiniens ?



La même question a été posée en 2006 lorsque le régime d'apartheid a déclenché la guerre contre le peuple libanais et tué sauvagement plus de 1200 Libanais.

Au début de la guerre à Gaza, certains dirigeants palestiniens nous ont affirmé que « les deux parties étaient responsables de cette guerre » et que « le Hamas devait cesser les tirs de roquettes depuis Gaza ». Ces mêmes dirigeants ont estimé que la résistance, sous toutes ses formes, violente et autres, est « futile ». A présent que le nombre de bombes sur Gaza a diminué, le conflit se focalise sur la question de savoir si l'aboutissement de la guerre est une victoire ou une défaite.

Pour la classe dirigeante israélienne, comme pour le camp des défaitistes palestiniens, la réponse est claire - malgré le fait qu'aucun objectif annoncé au début de la guerre n'ait été atteint - le nombre de martyrs, handicapés et sans-abris sert à déterminer une victoire ou une défaite.

Cette approche néglige de reconnaître qu'aucun de ces soit disant « objectifs » de guerre n'a été atteint : le Hamas est toujours au pouvoir ; des roquettes sont toujours lancées ; aucune force pro-Oslo n'a été réinstallée dans la Bande de Gaza. Après la brutalité (in)attendue des forces d'occupation israéliennes, certains intellectuels et politiques palestiniens posent désormais cette question : « cela en valait-il la peine ? ». Le « cela » reste ambigu, tout dépend de la réaction des auditeurs/lecteurs. Ce qui est intéressant ici est le changement radical qui a affecté certaines forces nationales, en particulier, celles de gauche et les intellectuels s'en réclamant. Ils ont passé d'une interprétation mécanique à une interprétation dialectique de l'histoire et de leur rôle.

La guerre à Gaza fut ressentie comme un tsunami politique qui n'a pas seulement mis un terme à la fiction d'une solution de deux états et replacé la libération au lieu de l'indépendance dans l'agenda politique, mais elle a également créé une nouvelle carte politique palestinienne amorçant un nouveau débat intellectuel sur son aboutissement. Cette nouvelle classification de l'intelligentsia et de la classe dirigeante palestiniennes a amené plusieurs ex-gauchistes à rejoindre l'hymne de l'aile droite d'Oslo et sa culture du défaitisme.

Contrairement à l'intelligentsia d'Oslo, la nouvelle gauche pragmatique se démarque par sa démagogie, son opportunisme et sa vision à court terme. L'attitude de ces intellectuels ONG-istes (ceux émergeant de fonds occidentaux non-gouvernementaux - ONG) ne montrent aucun attachement à leur responsabilité historique et nationale.

L'affirmation célèbre de Michel Foucault « là où il y a pouvoir, il y a résistance » nous aide à théoriser la résistance politique, et donc culturelle, évoquées dans certaines discussions post-guerre. En ce qui concerne la notion même de résistance, il vaut la peine de citer Frantz Fanon sur le rôle de l' « intellectuel natif (colonisé) » pendant la « phase de combat » : « Le natif (le colonisé) après avoir tenté de se perdre dans le peuple, de se perdre avec le peuple, va au contraire secouer le peuple...il se transforme en réveilleur du peuple, d'où surgira la littérature de combat et nationale ».

D'un autre côté, toujours selon la théorie de Fanon, il existe des intellectuels qui « prouvent qu'ils ont assimilé la culture de l'occupant. [Leurs] ½uvres correspondent point par point à celles de [leurs] homologues dans la mère-patrie. [Leur] inspiration est européenne (c'est-à-dire occidentale)... » D'où l'adoption de la narration israélienne par quelques intellectuels palestiniens, comprenant également les ONG-istes de gauche, par laquelle Israël se disculpe de ses crimes : « nous sommes à blâmer pour ce qui s'est passé ; » « nous n'avons pas été consultés lorsque le Hamas a commencé la guerre ! » ; « le peuple paie le prix, non le mouvement de résistance ; » « le Hamas aurait dû renouveler la trêve ; » « le Hamas aurait dû comprendre que nous ne pouvions nous permettre de perdre autant de vies ; » « il n'y avait aucune résistance dans les rues de Gaza, les hommes de la résistance ont fui dès l'arrivée du premier char d'assaut. »

Du même coup, on devrait également condamner la résistance à l'occupation des Algériens, des Africains du Sud, des Français, des Vietnamiens et des Egyptiens. En Afrique du Sud, la même logique était utilisée par les chefs des bantoustans contre le mouvement anti-apartheid, ainsi que par le gouvernement de Vichy, par le gouvernement sud vietnamien, par les forces égyptiennes en 1956 contre le gouvernement progressiste de Gamal Abdel Nasser, et même en 2006 par la coalition (Siniora-Jumblatt-Geagea-Hariri) libanaise du 14 Mars.

Il est clair, que l'assimilation de la mentalité occidentale par les intellectuels, au travers d'un processus de ONG-isation, et donc d'Oslo-isation, les amène à mépriser la culture de résistance comme étant inutile, futile et sans espoir. La résistance n'est pas seulement l'aptitude à se défendre contre un puissant ennemi militaire, mais également à résister intelligemment à l'occupation de la terre.

Les défaitistes d'Oslo et le camp néo-gauchiste n'ont pas réussi à utiliser astucieusement le pouvoir du peuple ou même à reconnaître son existence. Ils ont échoué parce qu'ils veulent lutter selon les conditions israéliennes en adoptant une dichotomie Israël versus Hamas, plutôt que celle du régime d'apartheid israélien versus le peuple palestinien - au lieu de considérer leurs points forts : à savoir, qu'ils sont les natifs de la terre, que des lois internationales soutiennent leurs revendications, qu'ils sont les véritables représentants de la moralité, et qu'ils ont le soutien de la communauté civile internationale, etc....

Une leçon à tirer de la lutte sud-africaine contre le régime d'apartheid est la manière dont elle a essayé de définir une résistance basée sur « quatre piliers de lutte » : lutte armée, mobilisation interne massive, solidarité internationale et mouvement politique clandestin. Malheureusement, aucun de ces piliers ne semble correspondre au paradigme néo-gauchiste palestinien.

Les OGN-istes de gauche sont en rupture avec les principes critiques de l'héritage de ceux tels que Ghassan Kanafani, Edward Saïd et Franz Fanon. Selon Saïd, la gauche démocratique séculaire devrait être « un individu qui ne peut être facilement contrôlé par les gouvernements et les corporations (donateurs) et dont la raison d'être est de représenter toutes ces personnes et ces questions que l'on oublie régulièrement ou que l'on enterre sous le tapis ».

La fascinante remarque, qui est aussi d'actualité, du philosophe hongrois George Lukacs pointe dans cette direction, la gauche OGN-iste devrait se manifester maintenant : « lorsque la société intellectuelle arrive à un tournant historique dans sa lutte pour une définition claire de son identité, l'intellectuel devrait être impliqué dans l'ensemble du processus sociopolitique et devrait quitter sa tour d'ivoire ».

Le processus de décolonisation de la culture de résistance insiste sur le droit de considérer l'histoire palestinienne comme une entité holistique, cohérente et intégrale. Cela reflète également une conscience nationale et historique désignant les Palestiniens comme capables d'incarner le changement de leur présent et leur futur sans tenir compte des agendas des donateurs occidentaux, du Quartet et d'autres entités officielles internationales. Pourtant, nous remarquons que les néo-démocrates palestiniens sont incapables d'admettre l'agenda palestinien parce qu'ils refusent de respecter la volonté du peuple telle qu'elle a été exprimée par les bulletins de vote. Au cours de ces deux dernières années, cette position a servi à former une synergie entre les néo-démocrates palestiniens, les donateurs et les entités internationales qui ont mis tout en ½uvre pour délégitimer l'agenda palestinien.

La caractéristique fondamentale de l'idéologie défaitiste est le manque de conscience politique et la recherche de solutions individuelles - celle-ci contredit la réalité collective nationale du peuple palestinien colonisé. La conscience politique doit commencer par le rejet des conditions imposées à la majorité des Palestiniens par l'occupation israélienne et le Quartet (Russie, Etats-Unis, Nations-Unies et l'Union Européenne), et même plus important encore, le rejet des miettes offertes à une minorité choisie de Palestiniens comme récompense pour bonne conduite.

En effet, la conscience de classe est dialectiquement en lien avec la lutte pour la libération nationale. Ce sont les intérêts de certains groupes d'ONG-istes, ex-gauchistes et néolibéraux, dont la perspective défaitiste sur l'issue de Gaza 2009 est diffusée avec l'aide de quelques médias impopulaires, qui sont ici mis en cause et non pas les intérêts du peuple palestinien qui ont accru leur légitimité par une résistance acharnée au bombardement israélien.

Les Oslo-istes et ONG-istes affirment que la seule solution au conflit israélo-palestinien est la création de deux états. Fondamentalement, cela signifie la création d'une Palestine indépendante sur 22 % de la Palestine mandataire. Selon eux, l'indépendance ne sera obtenue que par le biais de négociations, bien que plus de dix ans de négociations n'aient en aucune manière altéré la position israélienne. La création d'un état palestinien n'est mentionnée dans aucune clause des accords d'Oslo, laissant ainsi la tâche à être déterminée par l'équilibre des pouvoirs dans la région. Cet équilibre penche en faveur d'Israël qui rejette la création d'un état palestinien souverain, bien qu'Israël ait reconnu le peuple palestinien et son mouvement national : l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP).

Aucun parti israélien, que ce soit le Parti Travailliste, le Likoud, ou Kadima n'est prêt à accepter un état palestinien comme étant le droit légitime du peuple palestinien à l'autodétermination. L'impasse dans laquelle se trouvent les négociations a prouvé que l'opposition voyait juste.

D'où, les résultats « choquants » des élections 2006, par lesquelles le Hamas a obtenu la majorité des sièges au Conseil Législatif Palestinien. Les libéraux et ceux de gauche ont été « surpris » et même se sont sentis « trahis » ! Depuis, des accusations d'immaturité et même de « sous-développement » du peuple palestinien ont été lancées. Rien n'a été mentionné au sujet de l'échec du « processus de paix » ; ni la fin de la solution de deux états, ni la nécessité d'un nouveau programme national qui serait capable de mobiliser les masses. Un programme qui serait par nature démocratique, un programme qui respecterait la résistance sous toutes ses formes et, en fin de compte, garantirait une paix juste.

C'est le manque d'une vision politique et d'un programme idéologique clairement défini qui permet aux classes d'Oslo-istes de se contorsionner. C'est ce manque qui les prépare à reconnaître « un état juif » à côté d'un état palestinien et qui justifie les pratiques discriminatoires israéliennes contre ses citoyens non juifs, en majorité des citoyens palestiniens et résidents de 1948, et la fin du droit au retour de plus de six millions de réfugiés.

Ce qui nous est constamment répété est de :
soit accepter une occupation israélienne désastreuse : la présence continuelle d'un mur d'apartheid, les colonies, les check-points, les routes en zigzag, la codification de couleurs différentes des numéros d'immatriculation, les démolitions de maisons et une coordination de sécurité supervisée par un général américain à la retraite ;
ou de nous voir imposer un siège hermétique et médiéval, mais de mourir avec dignité.

La première option semble être celle qui est préférée par certains activistes ONG-istes.

Toutefois le nouveau programme, qui est si nécessaire, doit faire le lien entre toutes les luttes palestiniennes : l'occupation de Gaza et de la Cisjordanie, la discrimination ethnique israélienne et les violations des droits de plus d'un million de citoyens palestiniens, ainsi que les réfugiés déplacés de 1948 vivant à l'extérieur.

Gaza 2009 n'était pas une défaite mais bien une victoire, parce que, dans la Bande de Gaza, les Israéliens ont tué dans l'½uf la solution de deux états ; c'est une victoire acquise par le sang des enfants, hommes et femmes qui ont sacrifié leur vie pour que nous pussions vivre et continuer notre résistance au lieu de capituler.

Ces Palestiniens qui pleurent la solution de deux prisons sont en total décalage avec les nouveaux faits sur le terrain : il ne peut y avoir de retour à des solutions et des négociations fictives ; c'est maintenant le moment de donner un élan final afin d'atteindre une liberté et un état réels. Ces Palestiniens en deuil peuvent, soit rejoindre d'autres Palestiniens et internationaux pour exiger un état séculaire et démocratique avec des droits égaux pour tous dans la Palestine mandataire, soit être rejetés dans les poubelles de l'histoire.


Dr. Haidar Eid pour "L'avenir c'est maintenant"
The Electronic Intifada





# Posté le lundi 23 février 2009 01:06

Chronique de galères en Guadeloupe

A Paris et dans plusieurs villes de métropole, des milliers de personnes ont manifesté hier leur solidarité "avec les mouvements initiés en Guadeloupe contre la vie chère", à l'appel du collectif "Continuité LKP" soutenu par des syndicats et des partis de gauche.



A Nantes, 700 manifestants ont défilé, une centaine à Strasbourg et quelque 200 à Lyon, Lille, Rennes et Limoges. Environ 500 personnes se sont rassemblées à Marseille comme à Toulouse.

La plus importante manifestation s'est déroulée à Paris où de 10 000 (police) à 30 000 personnes (organisateurs), la plupart d'origine antillaise, ont défilé durant plus de deux heures de la place de la République à celle de la Nation derrière une banderole

"Continuité Liyannaj kont Pwofitasyon"
(LKP, "collectif contre l'exploitation outrancière").


Plusieurs mètres séparaient le début du cortège des personnalités politiquesqui semblaient vouloir rester discrètes. Figuraient notamment, en ordre dispersé, Harlem Désir (PS), Denis Baupin (Verts), Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud (LO), Alain Krivine (NPA), et des membres du PCF et du Parti ouvrier indépendant (POI), suivis des cortèges de la CGT, la CFDT et de Sud.

La députée de Guyane, Chritiane Taubira (PRG), était également présente au côté de la comédienne guadeloupéenne Firmine Richard. "Il faut qu'à la reprise des négociations, le gouvernement apporte des réponses claires et non pas floues sur l'augmentation de 200 euros des salaires et les revendications sur les prix", a déclaré M. Désir. Pour Razzy Hammadi (PS), la "revendication de dignité et de respect" est "universelle. Ce n'est pas une manifestation de Noirs et d'Antillais".

Pariant sur l'effet de contagion, tout comme le NPA d'Olivier Besancenot actuellement en Guadeloupe, Mme Arthaud a estimé que "si un mouvement aussi puissant se produisait en métropole, le gouvernement serait forcé de reculer".


Minute de silence

Tout au long du défilé souvent rythmé par des percussions, les manifestants ont alterné chants créoles et slogans "plus jamais ça" ou "stop au mépris" avec le poing levé, reprenant en choeur "c'est fini la colonisation". "200 euros ici aussi, yes we can", "la vie est chère sous les cocotiers", "Dom-tom Métropole, doubout !" (debout) : de très nombreuses pancartes disparates étaient brandies par les manifestants.

Certains portaient un brassard blanc en signe de deuil après la mort du syndicaliste Jacques Bino. Une minute de silence a d'ailleurs été observée, en début de manifestation, alors que des militants de la CGT-impôts tenaient des portraits de cet homme, dont les obsèques ont lieu aujourd'hui.

Beaucoup de manifestants dénonçaient l'emprise des békés (descendants de colons blancs) sur les Antilles. Pour Martine Charles-Angèle, avec sa pancarte "Renfort de France", "l'apartheid, c'est pas qu'une idée aux Antilles". Mais cette enseignante martiniquaise qui vit depuis neuf ans en métropole, réfute les "slogans vengeurs et surtout la violence".

Nicolas voudrait que ses deux filles, avec qui il est venu à la manifestation, "ne vivent pas ce que j'ai vécu, cette injustice sociale". "Quand j'étais petit en Guadeloupe, notre voisine était békée, elle nous faisait travailler et ne nous payait pas, c'était normal".





GUADELOUPE : SARKOZY ESTIME QUE LE "PAROXYSME DE LA CRISE" EST PASSÉ Le président de la République Nicolas Sarkozy a estimé hier que "le paroxysme de la crise" en Guadeloupe "est peut-être derrière nous" mais qu'il "reste beaucoup à faire", en marge de l'inauguration du salon de l'agriculture à Paris. "Je suis satisfait (...) Les négociations sont en cours. J'espère qu'elles aboutiront et que chacun comprendra que ce n'est pas par la violence qu'on obtient des satisfactions mais que c'est dans le calme, le dialogue et dans la sérénité", a-t-il déclaré à la presse.[/[/c

Le toupaga System



# Posté le dimanche 22 février 2009 02:28

Modifié le dimanche 22 février 2009 06:32

"SI LE PRIX NOBEL DU JOURNALISME EXISTE...POUR NOUS C'EST MOUNTAZER "

"SI LE PRIX NOBEL DU JOURNALISME EXISTE...POUR NOUS C'EST MOUNTAZER "
PEUPLE DU NET, MEME SI CE PRIX NOBEL N'EXISTE PAS !
POUR NOUS C'EST MOUNTAZER.


"Une godasse pour Bush" - et des milliers de godasses pour toutes les représentations américaines en France et ailleurs -
Allons également déposer nos sacs de godasses devant :
Ambassade Des Etats Unis D'Amérique - 12 bd Paul Peytral 13006 MARSEILLE .



Mountazer al Zaïdi, le journaliste irakien à la chaîne de télévision al-Baghdadia qui n'a pas hésité à risquer sa vie en lançant ses deux chaussures à la tête de George Bush, est aujourd'hui dans un hôpital de Bagdad, un bras cassé et victime d'un traumatisme crânien. Il encourt de 2 et 7 ans de prison et une forte amende, pour insulte à chef d'Etat étranger
et au « Premier ministre » Nouri al-Maliki,
à qui la seconde chaussure était peut-être destinée.

AMITIES FRANCO-IRAKIENNES

Une godasse pour Bush !

Soutenons Mountazer al-Zaïdi




Son crime : avoir accusé Bush de la mort de centaines de milliers d'Irakiens. Selon l'ONG américaine Just Foreign Policy, le nombre des victimes civiles irakiennes s'élevait hier à 1 297 997 morts. Le chiffre des soldats américains tués étant de 4 209. Depuis avril 2003, celui des GI morts des suites de leurs blessures, et des mercenaires étrangers, n'a jamais été communiqué.

En Irak et dans les pays arabes, des milliers de manifestants réclament la libération de Mountazer al Zaïdi. A ce jour, plus de cent vingt avocats – américains et arabes – proposent d'assurer sa défense.

En signe de solidarité et en hommage à son courage, envoyez une vieille godasse à l'Ambassadeur américain dans votre pays. Il comprendra que vous lui demandez de la faire suivre à la Maison-Blanche !

Adresse pour la France : Ambassade des Etats-Unis en France, 2 avenue Gabriel – 75382 – Paris Cedex 08.




Nota : Diffusez cet appel ou reprenez-le à votre propre compte, qu'importe : l'important est de réagir et de manifester votre soutien à la résistance du peuple irakien.

Pour ceux, ou celles, qui le souhaitent :
Pétition: http://www.ipetitions.com/petition/iwffomuntatharalzaidi/?e





Le lanceur de chaussures s'était entraîné pour punir George Bush



BAGDAD - Mountazer al Zaïdi a déclaré à l'ouverture de son procès à Bagdad qu'il s'était entraîné il y a deux ans au lancer de chaussures afin de pouvoir exprimer de la sorte son profond mépris envers George W. Bush dont le "sourire glacial" soulevait en lui une rage incontrôlable.

Le journaliste irakien, poursuivi pour agression d'un chef d'Etat étranger, a expliqué que, roué de coups par les gardes du Premier ministre Nouri al Maliki et torturé à l'électricité, il avait avoué avoir filmé au caméscope ses "séances d'entraînement".

Son intention initiale était de profiter d'une conférence de presse à Amman pour passer à l'acte, mais l'occasion ne s'était alors pas présentée.

Cependant, Zaïdi, salué en héros dans le monde arabe, a assuré n'avoir cette fois pas prémédité son geste lorsque, en décembre, Bush est venu à Bagdad, un mois avant de céder la présidence à Barack Obama.

Zaïdi a expliqué qu'il s'était senti bouillir de rage en voyant Bush parler de ses "succès" en Irak lors d'une conférence de presse.

Le journaliste a dit avoir alors pensé "au massacre de plus d'un million d'Irakiens, à la profanation des mosquées et des maisons, aux viols de femmes".

"Il parlait tout en adressant un sourire glacial au Premier ministre (irakien). Il a dit au Premier ministre qu'il dînerait avec lui."

"Brusquement, je n'ai plus vu personne d'autre que Bush dans la salle. J'ai senti le sang des innocents couler sous ses pieds tandis qu'il souriait froidement, comme s'il était venu effacer l'Irak avec un repas d'adieu", a expliqué Zaïdi au tribunal.

"Après la mort de plus d'un million d'Irakiens, après toutes les destructions économiques et sociales (...) J'ai senti que cette personne était l'assassin du peuple, l'assassin numéro un. Cela m'a mis en rage et j'ai jeté mes chaussures dans sa direction."

GARDER LA TETE HAUTE

Zaïdi avait assorti son geste d'un cri: "Voilà le baiser d'adieu du peuple irakien, chien!"

Le tribunal, réuni dans la Zone Verte fortifiée de Bagdad, a ajourné l'audience au 12 mars pour déterminer si Bush effectuait vraiment une "visite officielle" en Irak en tant que chef d'Etat.

Agé de trente ans, Zaïdi, collaborateur d'une chaîne de télévision irakienne basée au Caire, est passible de quinze ans de prison.

A son entrée au tribunal, des membres de sa famille ont poussé des "youyous" stridents et ont recouvert ses épaules d'un drapeau irakien.

Bush avait prestement évité les projectiles et n'avait pas été touché. Les avocats de Zaïdi ont plaidé que Bush n'aurait pu être blessé par une chaussure mais ils n'ont pas réussi à faire requalifier les faits en insulte plutôt qu'agression.

Zaïdi a pour sa part fait valoir qu'il ne pouvait être inculpé d'agression d'un chef d'Etat alors que ce dernier était aussi le chef d'une force d'occupation.

"Comment peut-on venir en invité dans une région que l'on dirige soi-même?", s'est-il interrogé.

"Je n'avais pas l'intention de tuer le président américain Bush. Mais je voulais lui exprimer ce que je ressens et ce que ressentent tous les Irakiens, du nord au sud et d'est en ouest, la haine que nous éprouvons envers cet homme", a-t-il conclu.

Beaucoup d'Irakiens ont approuvé le geste de Zaïdi.

Haïder Ahmed, un fonctionnaire, le qualifie ainsi de patriote. "Il nous a permis de garder la tête haute", résume-t-il.

# Posté le vendredi 20 février 2009 00:07

Modifié le vendredi 20 février 2009 00:18