La France gronde, Sarkozy démonte les serrures...

La France gronde, Sarkozy démonte les serrures…
Outre-mer : Sarkozy monte en première ligne



Les Antilles ne voient toujours pas le bout du tunnel. La grève contre la vie chère s'est poursuivie hier dans les deux départements, tandis qu'à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a annoncé la mise en place “sans délai” d'un Conseil interministériel de l'Outre-mer qui devra “faire dans les prochains mois des propositions sur la rénovation de la politique menée par l'Etat en Outre-mer”.

“Plus que jamais”, a-t-il souligné, “l'Etat doit être juste, il n'est au service d'aucun groupe, d'aucune catégorie sociale (...). La société antillaise a le sentiment aujourd'hui qu'elle n'est pas entendue. Nous devons continuer à nous battre, tous les jours, pour que la République fasse une plus grande place à tous ceux qui incarnent la diversité de la France”. Le président a souligné la nécessité de promouvoir un développement qui doit s'accompagner d'une meilleure répartition des richesses.

“Il ne peut y avoir de société à deux vitesses où une catégorie sociale progresse alors qu'une autre stagnerait et resterait dépendante des prestations sociales”, a-t-il ajouté, faisant allusion à certaines revendications des grévistes dénonçant le pouvoir des familles de blancs créoles. Cette question “de la meilleure répartition des richesses” sera abordée le 18 février lors de la réunion prévue à l'Elysée avec les partenaires sociaux, “elle revêt une importance toute particulière en Outre-mer”, a-t-il dit. Plaidant pour la “lucidité” et “le sens de l'intérêt général à long terme”, Nicolas Sarkozy a néanmoins mis en garde ses interlocuteurs contre “les fausses bonnes idées de court terme pour sortir du conflit qui, en réalité, ne feront que compromettre l'avenir de ces territoires”, dans une allusion aux revendications des grévistes en faveur d'une hausse des salaires. L'intervention du chef de l'État à l'issue du Conseil des ministres n'a évidemment pas suffi à apaiser les tensions. En Guadeloupe, celles-ci restent particulièrement vives.
L'île est paralysée depuis 24 jours et les négociations sont rompues.



Bras de fer sur les salaires

Le LKP ne reprendra la discussion avec les médiateurs envoyés de Paris qu'à condition que l'Etat signe le pré-accord élaboré dimanche dernier avec le patronat. Ce dernier demande que l'Etat finance la hausse prévue de 200 euros des bas salaires. C'est évidemment sur ce point sensible que le bras de fer s'intensifie. Redoutant une contagion sociale à l'échelle nationale, le Premier ministre François Fillon a refusé dès lundi d'entrer dans cette spirale.
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a enfoncé hier le clou à l'issue du Conseil des ministres :
“Nous avons proposé d'apporter la contribution de deux médiateurs (...) mais c'est aux partenaires sociaux de prendre leurs responsabilités et de travailler pour reprendre les discussions”. Ces mises au point répétées restent pour l'instant lettre morte.
Victorin Lurel, le président socialiste de la région Guadeloupe, a estimé hier sur France-Inter que l'exécutif avait “dévalorisé la parole de l'Etat” en revenant sur les promesses faites aux Antillais par Yves Jégo.
La CGT a de son côté mis en garde le gouvernement contre la tentation du “pourrissement” ou “la stratégie de l'usure” en Guadeloupe. Le contexte est légèrement différent en Martinique où la grève a commencé il y a neuf jours. Les négociations ont repris hier matin et le “collectif du 5 février” a relevé “trois avancées notables” parmi les 39 propositions soumises par Yves Jégo. Celles-ci concernent la baisse supplémentaire du carburant (8 centimes pour l'essence, 10 pour le gazole), la prime de 200 euros allouée en avril aux 50 000 foyers aux plus bas revenus, et enfin, comme en Guadeloupe, l'anticipation à 2009 du Revenu de solidarité active.
Cette dernière mesure s'appliquera aussi en Guyane et à la Réunion, tout comme la hausse de 20% des aides à la restauration scolaire, et une aide au logement social.
D'un point de vue purement politique, ni le président, ni le Premier ministre ne devraient se rendre dans l'immédiat aux Antilles. Yves Jégo n'a pas non plus programmé un voyage sur place “dans les heures qui viennent”. À Paris, on analyse toutes les déclarations. La création dans l' île de La Réunion d'un collectif appelant à une grève générale avec manifestation le 5 mars, inquiète ceux qui suivent de près le dossier outre-mer .




LES ÉVÊQUES D'OUTREMER SENSIBLES À LA CRISE
Les évêques de Martinique, Guadeloupe, la Réunion et Cayenne ont invité dans un message commun diffusé hier “tous les responsables à entendre et à prendre au sérieux le cri qui s'élève” dans ces départements touchés par la crise.
“Nous croyons”, disent les évêques, “que les turbulences actuelles invitent à (...) gérer au plus près du terrain tout ce qui peut l'être sans recourir systématiquement aux instances supérieures”, et à “confier des responsabilités plus grandes à nos élus”.
“Tout ce qui peut faire croire à un relent de colonialisme ou de néocolonialisme doit être définitivement aboli. La relecture de notre histoire, marquée par l'esclavage, et la conscience des progrès accomplis devraient aussi permettre de guérir les blessures de nos peuples”, ajoutent-ils. “Pour permettre un meilleur exercice du pouvoir, un changement de statut peut être un levier efficace” (...) même s'il ne peut pas tout résoudre, estiment les évêques. Ce texte est signé par Mgr Michel Méranville, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, Mgr Gilbert Aubry, évêque de Saint-Denis de la Réunion, Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne et Mgr Jean Hamot, administrateur diocésain de Basse-Terre.


FO "MET EN GARDE" CONTRE UN EMBRASEMENT
“De plus en plus inquiète de la situation dans les DOM, particulièrement en Guadeloupe et en Martinique”, Force Ouvrière a mis “en garde” hier le gouvernement, en lui demandant de trouver des solutions, “avant que ne s'embrase la totalité de l'Outre-mer”. Après la Guadeloupe et la Martinique, “les annonces faites par la Réunion et ce qui pourrait advenir en Guyane ne peuvent laisser le gouvernement indifférent”, a affirmé l'organisation syndicale dans un communiqué.
FO “exige du gouvernement et du patronat qu'ils prennent en compte les revendications et rappelle que les collectivités d'Outre Mer ne sont pas des cartes postales mais bien des lieux de vie où résident des femmes et hommes avec leurs préoccupations quotidiennes et leurs besoins”.


MARTINE AUBRY CRAINT LA PROPAGATION DES ÉVÉNEMENTS EN MÉTROPOLE
La première secrétaire du PS Martine Aubry craint la propagation des événements qui secouent les Antilles à la métropole, dans une interview publiée hier par le Parisien.
“Je crains effectivement que le sentiment de ras-le-bol des Guadeloupéens et des Martiniquais se diffuse ici”, souligne Mme Aubry après avoir relevé que “le sentiment d'injustice aux Antilles est d'autant plus fort que la vie y est plus chère qu'en métropole”. Cette crainte est alimentée “notamment parce que le président de la République reste sourd aux attentes des Français”, ajoute-t-elle. “C'est ce décalage qui me fait craindre une propagation des événements qui agitent les Antilles”, dit-elle, affirmant :
“Il faut tout faire pour que cela n'arrive pas




Falcon présidentiel pour Jégo
“Faites ce que je dis... ne faites pas ce que je fais...
” Ce précieux conseil de nos gouvernants en cette période de restrictions budgétaires, Yves Jégo l'a balayé d'un revers du bras en se rendant mercredi à la Guadeloupe à bord d'un jet présidentiel, un Falcon 900 dont le coût de vol horaire est de 6 100 euros, soit 40 000 francs, pour une dizaine de places à bord. Cela fait un saut de puce à 49 500 euros pour 8 heures de vol. Aller et retour, la facture monte à près de 100 000 euros
.








Le pauvre Yves Jégo est bien à la peine.
A peine revenu en métropole, le voilà sommé de repartir en Guadeloupe avec rien dans les poches, et tout dans les galoches !

Du moins c'est la version officielle.
Version de François Fillon qui n'a pas fait dans le mieux-disant, plutôt dans le sous-disant. Il faut reconnaître qu'il est face à un problème de taille. Les syndicats guadeloupéens réclament une augmentation de 200 euros sur les salaires les plus bas, ce que refuse le patronat local.

Alors soit l'Etat met la main à la poche, soit il laisse la situation se durcir.

Seulement voilà, s'il met la main à la poche, les Martiniquais demanderont à leur tour un geste de l'Etat, puis l'ensemble des DOM TOM!

Ensuite ?

Eh bien par contagion, ce sera au tour des travailleurs de l'hexagone de prendre modèle sur leurs compatriotes îliens. Un cauchemar pour un gouvernement ultralibéral !

On comprend que Nicolas Sarkozy soit parti en Irak avec Bernard Kouchner et ait refilé la patate chaude à son Premier ministre.

Qu'est-il allé faire en Irak, me demanderez-vous ?

Proposer les services de la France pour participer à la reconstruction et à la stabilité du pays. Une chose qui ne pouvait pas attendre un jour de plus, on imagine !
Cela me rappelle ce que disait le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, le 14 juillet 2005. Alors que Jacques Chirac faisait son interview traditionnelle, Nicolas Sarkozy se moquait de lui le comparant à Louis XVI :

« Je n'ai pas vocation, disait-il alors, à démonter tranquillement les serrures à l'Elysée pendant que la France gronde... ».
Hier, alors que les enseignants et les chercheurs de l'enseignement supérieur arpentaient la rue, que la Guadeloupe était toujours bloquée après trois semaines de conflit, que la Martinique commençait à suivre l'exemple de sa voisine et que les syndicats de l'Hexagone grinçaient des dents,

Nicolas Sarkozy démontait les serrures en Irak.



Bruno TESTA

# Posté le vendredi 13 février 2009 02:42

Modifié le samedi 14 février 2009 02:09

Barack Obama, l'histoire commence

Barack Obama, l’histoire commence
Près de trois millions de personnes sont attendues ce soir dans les rues de Washington pour l'investiture de Barack Obama. Aux Etats-Unis comme dans le monde entier, les débuts du premier président noir à la Maison Blanche suscitent d'énormes espoirs. Décryptage avec Yvan Combeau, historien et politologue.



Obama a répété qu'il ne ferait pas de miracles, que la route serait longue... Pourtant, il est attendu comme le Messie et 61% des Américains lui font confiance. Pensez-vous que le 44ème président des USA peut écrire l'Histoire ?

Depuis sa victoire du 4 novembre, l'engouement pour le nouveau président n'a fait que croître. Elu avec 53% du corps électoral (365 grands électeurs), il est aujourd'hui reconnu par une population américaine rassemblée derrière son président. Le temps de l'histoire c'est une continuité. Et sur ce fil du temps, l'événement vient se placer. C'est ici le “moment Obama” marqué par une mobilisation exceptionnelle et la conjugaison de multiples espoirs. C'est surtout une page qui établit un saisissant contraste avec les huit années de G.W. Bush. Pensez que l'on attend pour cette journée d'investiture près de trois millions de spectateurs à Washington. Ils n'étaient que 100 000 le 20 janvier 2005 pour le début du second mandat de son prédécesseur. C'est dire en effet l'impact de cette journée dans l'histoire des Etats-Unis.

Obama est en train de devenir une “star mondiale”. Grand concert de soutien, cérémonie d'investiture grandiose... N'en fait-il pas un peu trop ?

Tout le dispositif est millimétré, en phase avec l'histoire et la population. Le jour de l'investiture est un rituel exceptionnel pour les Etats-Unis. Washington s'installe comme le c½ur politique du pays. Devant le Capitole, le président affirme la place de la Constitution. Il prête serment sur la Bible. C'est le temps d'un hymne à la démocratie américaine et au pouvoir présidentiel. Et la part des festivités (concerts, bals), c'est aussi un élément essentiel dans la société américaine. Tout au long de ces journées, depuis le départ de Philadelphie, le président porte les mythes des Etats-Unis. Entre l'histoire et les mémoires, il réunit les fondateurs, les figures mémorielles (Abraham Lincoln, Martin Luther King...) avec la volonté de symboliser, pour reprendre le titre de la chanson de Bruce Springsteen, “la construction d'un rêve américain”.

Le système Obama comporte-t-il des failles, dans son équipe, dans son programme ?

Sur la période de transition, Barack Obama a réussi à se maintenir à distance, à préparer les premières décisions et à former son équipe. Précisément sur cette équipe, les seules fausses notes ont concerné la nomination du secrétaire au Commerce, Bill Richardson, finalement abandonnée, et plus récemment la désignation du secrétaire au Trésor, Timothy Geithner. Dans son équipe, les observateurs ne manqueront pas de suivre les faits, gestes et déclarations d'Hillary Clinton sur la scène mondiale. Le prochain jeu consistera probablement à chercher les écarts d'analyses entre le président et sa secrétaire d'Etat. Le dossier iranien devant fournir un bel objet d'étude ! Justement, en matière de politique internationale, certaines mesures sont très attendues, comme la fermeture de la prison de Guantanamo, le retrait des troupes en Irak... Quelles conséquences cela peut-il avoir sur l'ordre mondial ? Va-t-on sortir de la logique sécuritaire post-11 Septembre ? La marque du 11 Septembre est une empreinte très prégnante dans la vie américaine. Le président sortant n'a cessé de se présenter comme le “président du 11 Septembre”. Les mémoires des contemporains conservent ce traumatisme. Ce qu'annonce Barack Obama, ou plus exactement son porte-parole Robert Gibbs, ce sont des premières mesures déjà présentes dans les promesses de la campagne électorale (fermeture de Guatanamo, retrait dans les seize mois des troupes d'Irak, renforcement des forces militaires en Afghanistan...). La fermeture de la base cubaine peut être posée par décret, mais sa concrétisation apparaît déjà plus complexe : que faire des 250 détenus et des prisonniers devant être jugés par des cours fédérales américaines ? Sur le plan international, les premières initiatives de Barack Obama devraient permettre de déceler des orientations proches d'un multilatéralisme. Cependant, le pragmatisme de l'administration présidentielle demeurera le premier des principes gouvernant les questions internationales. L'ordre mondial pour les Etats-Unis, c'est en premier lieu sa sécurité.

La diplomatie française est très active actuellement au Proche-Orient. La France et les Etats-Unis peuvent-elles oeuvrer dans le même sens sur ce dossier ?

Le président Obama hérite d'une situation où les Etats-Unis sont engagés dans deux guerres (Afghanistan, Irak) et doit intervenir dans le conflit du Proche-Orient. Les initiatives franco-égyptiennes, et les premières avancées de la rencontre de Charm el-Cheikh ne constituent qu'une première étape. Sur cette marche, les Etats-Unis vont entrer en jeu. Robert Gibbs indiquait encore : “Obama va agir, nous surprendre, prendre des initiatives.” Et sur ce terrain, ce sera là un premier test international de la méthode et du positionnement du nouveau président.

Est-ce qu'une politique moins messianique que celle de Bush peut faire émerger de nouvelles puissances sur la scène internationale, notamment l'Union européenne ?

A l'évidence, Barack Obama propose un autre visage des Etats-Unis. Mais la puissance américaine ne s'efface pas. La politique extérieure des démocrates s'inscrit dans ce double mouvement évoqué par Hillary Clinton : l'Amérique ne peut résoudre seule les problèmes du monde et le monde ne peut les résoudre sans l'Amérique. La volonté n'est pas de faire émerger d'autres puissances, sauf à jouer la division pour mieux conserver le leadership à travers ce “smart power”, annoncé comme une approche moins idéologique, afin surtout de signifier au monde une rupture avec la présidence Bush. Quant à l'Europe, elle n'est pas précisément dans l'horizon de Barack Obama. Certes, le nouveau secrétaire d'Etat devrait modifier une vision unilatéraliste, mais pour comprendre la nouvelle donne, il faut probablement écouter l'ancien candidat démocrate John Kerry lorsqu'il affirme que la présence de Hillary Clinton signalera par un message fort et rapide que l'Amérique est de retour.

On attend également un plan de relance et d'investissement de sa part. Quelle est sa marge de manoeuvre ?

Les références au New Deal, aux Cent Jours de Franklin D. Roosevelt, participent de cette convocation de l'histoire afin d'identifier les défis (économiques, sociaux, financiers...) de ce début de siècle pour les Etats-Unis. Barack Obama veut mettre une partie de sa logique économique dans les pas de Keynes, redevenu très à la mode avec les effets de la récession. Et les démocrates annoncent dans leur premier programme de relance une injection de 825 milliards de dollars avec une baisse d'impôts de 1.000 dollars pour une grande partie de la classe moyenne. Les contrecoups ne se feront pas sentir avant plusieurs mois, parce que ce n'est pas seulement la consommation qui doit être relancée, mais une part importante des infrastructures économiques qui ne tournent plus. La symbolique Wall Street révèle la défiance dans le système financier. En ce sens, le plan de grands travaux (routes, éducation) doit aussi reconstruire l'outil industriel.

Dans un contexte de crise économique, Obama pourra-t-il tenir ses promesses de campagne, notamment sur le volet social aux Etats-Unis ?

Les Etats-Unis sont touchés par la récession. En 2008, ce sont trois millions de saisies qui ont été dénombrées. Chaque état vit au rythme des faillites et voit son taux de chômage augmenter. Sur l'ensemble du pays, le chiffre est au début janvier 2009 de 7,3%. Le volet social porte essentiellement sur le secteur de la santé, pour une population fragilisée par la crise économique et financière. Faire entrer l'Etat fédéral dans cette défense des plus modestes, en permettant ainsi d'élargir la couverture sociale, c'est une volonté de protection qui tranche dans une société fortement inspirée par la culture économique libérale.

Dans quels domaines Obama peut-il apporter le changement ?

Les chantiers sont nombreux dans ce registre du changement. Sur la tonalité même de la démarche et des discours avec le souci d'une Amérique moins arrogante, mais tout aussi présente. Probablement que ses projets intérieurs dans le domaine de la santé et de l'éducation, avec par exemple la nomination de Sanjay Cupta (directeur de la santé publique) peuvent reformater un système de santé qui exclut aujourd'hui près de 50 millions de personnes. Sur le terrain de l'environnement, la détermination présidentielle semble très affichée. Il opère un tournant avec l'absence de l'Administration Bush lors des grands rendez-vous internationaux consacrés aux thématiques environnementales. Une politique de lutte contre le réchauffement climatique est à l'ordre du jour, et pour le moins fortement proclamée, avec Carol Browner, sa conseillère spéciale sur ces questions.

Sur le plan institutionnel, est-ce que le président américain a plus de marge de manoeuvre pour gouverner qu'un président français ?

Le président s'appuie sur un Congrès démocrate. Pour reprendre une expression française, “l'état de grâce” lui donne une large marge de manoeuvre et d'initiative. La force de son message et de son aura, la dimension internationale de sa présidence et les attentes au-delà des Etats-Unis signent une situation sans commune mesure avec l'audience française. La volonté de Barack Obama est de maintenir ce mouvement de rassemblement si caractéristique du temps de l'inauguration et du discours d'investiture. Son équipe associant les fidèles de la campagne des primaires, des proches du camp des clintoniens, voire la personnalité de Robert Gates, montrent un objectif de cohérence pour dépasser comme il l'a toujours exprimé les oppositions entre républicains et démocrates et représenter le plus largement possible “la puissance des Etats-Unis d'Amérique”.


L'avenir c'est maintenant !
Dossier : Yoann Guilloux, Julien Cinier, Marine Dusigne et Laurence Maunier

# Posté le mardi 20 janvier 2009 05:53

MANU CHAO, TIKEN JAH FAKOLY, AMAZIGH KATEB, AKHENATON,.... ont répondu favorablement à l'appel de TARIQ RAMADAN...POLITIC KILL


Un élan de solidarité et de mobilisation est lancé par le frère Tariq;
je vous invite tous et toutes à suivre et à faire suivre.... :


Appel
Palestine
Mouvement Global de Résistance
Non Violente

à la politique extrémiste et
violente de l'État d'Israël

La situation actuelle à Gaza met en évidence, une fois encore, l'impasse et l'horreur auxquelles font face les Palestiniens. On ne peut pas se satisfaire de renvoyer les deux parties dos à dos ou espérer qu'une solution émerge de négociations directes sans implication et intervention extérieures fortes et déterminées. Prendre une position de fausse neutralité ou de spectateur impuissant, c'est au fond accepter de laisser faire et s'en tenir à constater, après chaque crise, chaque massacre, que la situation se détériore, que les négociations de paix n'ont mené à rien et que le sort des Palestiniens empire chaque jour. Le nombre d'organisations de soutien au peuple palestinien à travers le monde – et en particulier en Occident – est impressionnant. On a néanmoins l'impression que l'on peine à se mettre d'accord sur une vision ou une stratégie communes. Dans les débats, on mêle souvent l'analyse des causes du conflit avec l'exposé des principes de la résistance ou encore avec les moyens à convoquer ou enfin les solutions à proposer : difficile dans ces conditions de déterminer un socle commun, et clair, pour fonder un discours, orienter une action multidimensionnelle et constituer un front uni et solide. Il faut commencer par formuler un certain nombre de principes avec lesquels nous sommes très largement en accord :

1. Le conflit israélo-palestinien est d'abord un conflit politique (même s'il a des dimensions religieuses qui impliquent de respecter l'égale liberté de culte pour tous - juifs, chrétiens, musulmans – et la liberté de conscience pour tous, croyants ou non).

2. Il y a un oppresseur ( L'Etat d'Israël) et un opprimé (le peuple palestinien).

3. La résistance palestinienne est légitime de fait.

4. Les Palestiniens ont droit à un État et à la liberté.

5. L'égale dignité des Palestiniens exige une égalité de droits et de traitement quel que soit le choix de la solution envisagée.

6. Les Palestiniens chassés de leurs terres ont un droit naturel au retour.

7. Notre engagement se fonde sur un refus inconditionnel et égal de tous les racismes sous quelque forme que ce soit (racisme anti-juif, anti-arabe, antichrétien ou antimusulman, etc.)
À partir de ces sept principes fondamentaux, il est possible de constituer des collectifs locaux, régionaux et nationaux qui déterminent les objectifs prioritaires du mouvement de résistance local/global. Les exemples des « collectifs » ou des « coordinations » en Angleterre, en France et dans certaines régions (aux États-Unis ou en Europe) doivent être multipliés à l'échelle de tous les pays et à travers tous les continents tant il est vrai que le conflit local israélo-palestinien a des conséquences globales sur les réalités politiques et économiques du monde. Ces collectifs régionaux, nationaux et internationaux devraient avoir pour objectifs principaux :

1. Diffuser une information permanente sur la situation au Moyen-Orient (website, newsletters, conférences, vidéos, livres, etc.) : développer et maintenir une conscience citoyenne des enjeux du conflit au-delà des situations de crises et des couvertures médiatiques.



2. Déterminer les moyens de résistance non violente à travers le monde (boycotts possibles et coordination des actions concrètes : manifestations, interventions auprès des politiques, etc.) que certaines organisations développent déjà mais sans assez de synergies si ce n'est en temps de crises.



3. Accompagner et mobiliser le mouvement de solidarité financière pour des projets de développement et de reconstruction (infrastructures, écoles, etc.).

Les derniers événements à Gaza et l'attitude des gouvernements d'Orient comme d'Occident nous convainquent que la passivité et l'hypocrisie largement répandue ne permettra pas de trouver de solution à ce conflit.

Tout se passe comme si l'État d'Israël, avec le soutien des États-Unis et de quelques gouvernements européens, ont imposé un état de terreur intellectuelle où personne n'ose parler, dire la vérité, dénoncer l'inacceptable.

Pourtant les populations du monde sont de moins en moins dupes et il est possible de sensibiliser et de mobiliser de plus en plus de citoyens refusant de subir un lavage de cerveau médiatique ou de se voir réduits à l'état de spectateurs impuissants.

Il importe aujourd'hui de clarifier nos principes, de déterminer les moyens de la résistance et de coordonner nos actions.

Certaines expériences nationales récentes prouvent que ce processus peut se généraliser.
Nous appelons les organisations qui ont des années d'expérience, les nouvelles structures et les individus à considérer comme un impératif la création de ce mouvement global à travers des collectifs et des coordinations régionales et nationales portant des objectifs et un discours clairs et proposant des actions communes plus larges et plus efficaces.

Il importe de refuser autant les morcellements que les récupérations politiciennes : un socle de principes communs clarifie cet engagement commun et les actions doivent traduire l'esprit déterminé de cette résistance globale.
Parce que nous ne pouvons pas rester spectateurs des dénis de droits, des humiliations et des atrocités en Palestine, nous lançons le Mouvement Global de Résistance Non Violente.

Nous désirons inviter et engager dans le Mouvement des personnalités publiques (intellectuels, artistes, etc.), des activistes et des citoyens ordinaires à travers le monde de même que des organisations soucieuses de protéger le droit et la dignité des individus et des peuples qui refusent de rester passifs face au silence complice des États d'Orient et d'Occident alors que des civils palestiniens sont quotidiennement tués, emprisonnés ou humiliés dans les nouveaux bantoustans que sont devenus les Territoires occupés par la politique israélienne de colonisation et d'apartheid.

La mobilisation populaire n'a de chance de succès que si elle est internationale et globale.


Signez cet appel, faites-le connaître, restez informés et informez autour de vous, intégrez les organisations, les collectifs et les coordinations locales, régionales et nationales existantes ou engagez-vous à en créer de nouvelles où que vous soyez.

Multipliez - sur le long terme - les actions d'information et de résistance civil et politique à travers le monde.



Oui, je signe l'appel
http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10496&debut_signatures=945#pagination_signatures

Non, cela ne m'interesse pas ... :

# Posté le mardi 13 janvier 2009 03:32

Modifié le mardi 13 janvier 2009 03:43

MOTHLANTE et BOUTEFLIKA INTERPELLENT L'ONU - L'APPEL DU FRERE TARIQ

MOTHLANTE et BOUTEFLIKA INTERPELLENT L'ONU - L'APPEL DU FRERE TARIQ
Le Président Sud Africain Kgalema MOTHLANTE estime que le conflit au Proche Orient démontre la nécessité d'une réforme de l'ONU :

"LES NATIONS UNIES, EN PARTICULIER LE CONSEIL DE SECURITE, DOIVENT ETRE REFORMEES D'URGENCE AFIN D'ETRE PLUS REPRESENTATIVES DE LA POPULATION MONDIALE", a déclaré le Président MOTHLANTE.
Selon lui, l'ONU ne respecte pas son mandat en ne considérant pas tous les pays de façon équitable.

"SI UN PAYS A DES AMIS PUISSANTS AU CONSEIL DE SECURITE, ILS PEUVENT PARFOIS AGIR EN TOUTE IMPUNITE" a-t-il estimé.

"TOUT CE QU'IL A A FAIRE C'EST D'ECOUTER LES MINISTRES ISRAELIENS DES AFFAIRES ETRANGERES OU DE LA DEFENSE POUR SAVOIR QUE VOUS AVEZ AFFAIRE A DES GENS QUI CROIENT POUVOIR S'EN MOQUER EN TOUTE IMPUNITE", a-t-il poursuivi.

Le droit de veto, dont bénéficient les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, promeut les intérêts personnels,

"CE QUI EST CONTRAIRE AU MANDAT" de l'ONU, selon M.MOTHLANTE,
L'Afrique du Sud réclame depuis la fin de l'apartheid un siège permanent au sein du conseil.

AUCUN COMMENTAIRE NE SERA VALIDE POUR CET ARTICLE

# Posté le mardi 13 janvier 2009 02:59

Modifié le mardi 13 janvier 2009 03:52

OBAMA SERAIT PRÊT A DISCUTER AVEC LE HAMAS !



OBAMA SERAIT PRÊT A DISCUTER AVEC LE HAMAS !


Coup de tonnerre dans les relations internationales et fin du manichéisme ? L'ostracisme envers le Hamas est contre-productif. C'est en substance ce qu'on apprend par le journal britannique The Guardian de ce matin, vendredi 9 janvier. Les Etats-Unis vont-ils enfin sortir d'une doctrine illisible au Proche-Orient ? De savoir qu'on peut pactiser avec le Diable, pour peu qu'il vende son pétrole à vil prix tout en ne respectant pas les droits de l'homme, ou encore apporter un soutien aveugle à un tel autre, malgré son non respect des résolutions internationales, ou même d'attaquer certains peuples qui refusent le diktat us, avec l'administration Obama, semble-t-il, ce sera la fin de ce poker menteur qui fait tant détester l'Amérique.



Barack Obama avait lors de sa campagne électorale, indiqué qu'il avait pour but, une fois élu, la restauration de l'image de l'Amérique. Et, ce new deal (nouvelle donne), ne peut que passer par une rupture radicale, avec une administration George Walker Bush, aussi calamiteuse que meurtrière, qui a heureusement la chance de ne pas être concernée par le TPI. The Guardian (journal de référence de l'intelligentsia britannique) a même évoqué que la position pro-israélienne de Barack Obama pendant la campagne électorale ou son choix au secrétariat d'Etat de Hillary Clinton, dont on connaît la proximité avec l'Etat hébreu qui, pour beaucoup, pouvaient penser qu'il allait poursuivre une politique injuste au Proche et au Moyen-Orient, n'était qu'un leurre, parce qu'il est un homme juste.

Des discussions secrètes ont été menées par les services secrets américains, qui savent que le Hamas est incontournable et que la paix sans lui, ne serait pas la paix. Tandis que le Fatah s'occupait de politique politicienne, le Hamas, lui, s'occupait du social. Sa victoire aux législatives de 2006 vient de là. Comme nous le mentionnions, perplexe, face au silence du président élu américain, le silence de Barack Obama était finalement de l'ordre de la réflexion. Selon certaines sources, c'est un choix dicté par Jim Jones, son conseiller à la sécurité intérieure, qui estime que le temps de la réconciliation est arrivé et une commission ad hoc se mettra sur pied, dès l'investiture. Un véritable camouflet pour les va-t-en-guerre, si Obama réussit ce coup, après 60 ans de désastres. Le mot est faible.




La future administration Obama, qui rentrera en service dans dix jours, est prête à mettre sur pied, un vrai processus de paix. Il sera douloureux pour les uns et les autres. Quelle victoire si demain, Tzipi Livni, future premier-ministre israélienne et Khaled Mechaal, leader du Hamas, se retrouvaient à Camp David ! C'est le prix à payer. Quid des assassinats ciblés, libération des prisonniers du Hamas, fin des tirs de Qassam, enterrement de l'article 6 de la Charte du Hamas, prônant la destruction d'Israël etc. L'organisation islamiste pour les uns, la résistance pour les autres, s'était vue en 2006, inscrite dans les organisations terroristes par le département d'Etat américain, qui interdisait même qu'on lui octroie encore des aides financières. Inscription réfutée par nombre d'observateurs, qui parlaient d'une décision simplement politique des Gouvernements européens et/ou occidentaux, et vide de sens.

Après tous les scenarii envisagés, le préalable serait donc, pour engager de vraies discussions, un cessez-le-feu sur le terrain, et, une réconciliation entre les frères ennemis du Fatah et du Hamas. Bref, s'inspirer du rapprochement jadis, entre l'administration états-unienne et l'OLP dans les années 1970. Pour une approche constructive, il n'y a pas mieux. Il ne faut pas exclure les uns, privilégier les autres, jugés « modérés », comme le suggérait mon maître, Pascal Boniface, directeur de l'Iris (Institut des relations internationales et stratégiques), dans un article sur Rue89. Le gouvernement de transition de Barack Obama serait prêt à retrousser les manches, pour venir à bout de certains dossiers dont rien ne laisse poindre à l'horizon, le moindre espoir : l'Iran, le conflit israélo-palestinien, de l'Inde et du Pakistan et de la Corée du Nord. Vaste programme.

Ce qu'on a encore vu hier aux Nations-Unies, avec l'abstention des Etats-Unis représentés par Condoleezza Rice par rapport à la résolution de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, est affligeant. Toute honte bue, cette Amérique-là, n'a pas le droit de vouloir s'imposer comme gendarme du monde. L'espoir renaît chez les femmes et les hommes épris de paix, tandis que c'est la tête des mauvais jours, à l'approche du 20 janvier prochain. Certaines voix discordantes estiment déjà, avant même que Barack Obama ne s'installe au bureau ovale, qu'il légitime le Hamas. D'autres disent qu'il est naïf. Q'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. La paix n'a pas de prix.



Publié par ALLAIN JULES C@MMUNICATION POUR L'AVENIR C'EST MAINTENANT
http://allainjulesblog.blogspot.com/

# Posté le samedi 10 janvier 2009 14:50

Modifié le jeudi 15 janvier 2009 11:27