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Bonne Fête d'Aïd Kébir à tous nos Frères Musulmans
en France et de par le monde
Avec une pensée particulière
pour ceux qui vont devoir la célébrer dans la violence
de leur pays envahi
et occupé.
L'imam d'Istres, Imaghri Boujemaa, évoque l'Aïd et la place de la communauté à Istres
"C'est grâce à la population istréenne que nous avons pu avoir notre mosquée" se réjouit Imaghri Boujemaa, l'imam d'Istres.
Les musulmans célèbrent aujourd'hui l'Aïd el-kebir, l'une des fêtes les plus importantes pour la communauté. À Istres, c'est à l'abattoir temporaire de la Massuguière, que 1000 moutons seront égorgés (notre édition d'hier). L'imam Imaghri Boujemaa revient sur cette tradition et ses adaptations.
- Que représente l'Aïd pour la communauté musulmane?Imaghri Boujemaa :
C'est la fête du sacrifice, pas celle du mouton. Allah a mis Abraham à l'épreuve, en lui ordonnant d'égorger son unique fils Ismaël. Alors qu'Abraham s'apprêtait à obéir, Allah l'a arrêté et a envoyé un agneau pour remplacer l'enfant comme offrande sacrificielle. L'Aïd, c'est un moment de partage, où prédominent l'amour et la solidarité. Selon la tradition, un tiers de la bête est donné à l'entourage, un tiers aux pauvres et l'on garde le reste pour soi.
Comment se déroule la fête?I.B :
À 8h30, il y a la prière à la mosquée. Ensuite, il y a le sacrifice des moutons puis l'Aïd est fêté en famille.
A-t-il été difficile de s'adapter à la réglementation du sacrifice?I.B.:
Il a fallu s'adapter. Par exemple, la religion demande à ce que la bête ne voit pas une autre se faire tuer, ce serait pour elle une souffrance. Or à l'abattoir, les moutons sont tous alignés. Mais il y a beaucoup de souplesse dans l'islam, ce qui fait que même si on s'adapte, on reste dans le vrai. Normalement chacun doit faire le sacrifice lui-même mais les textes prévoient que l'on peut déléguer. De préférence, la bête doit être un mâle, mais on peut aussi prendre des brebis. L'islam autorise aussi de procéder au sacrifice le 1 er jour de l'Aïd ou les deux suivants. En fait, la religion impose un seul critère: la bête doit être saine.
La fête est-elle bien suivie à Istres?I.B. :
Oui, il y a une grande unité dans notre communauté musulmane.Environ 200 personnes fréquentent la mosquée pour la prière du vendredi. C'est une communauté importante de par son histoire. Elle est présente à Istres depuis les années 1800. Les premiers arrivés d'Algérie sont venus pour travailler à l'usine. Il y a eu aussi l'ouverture du golfe de Fos, le développement de la sidérurgie et de l'agriculture sur la Crau. Beaucoup sont natifs d'ici, nous en sommes à la 4 e génération!
La mosquée est récente. Qu'a changé l'arrivée de ce nouveau lieu de culte?I.B.:
La mosquée a été inaugurée en février 2007. Le projet a été piloté par l'association des musulmans d'Istres. Et c'est grâce à l'ensemble de la population istréenne qu'il a pu voir le jour. Avant, on faisait la prière au foyer Sonacotra, dans une petite salle exiguë. Ce n'était vraiment pas l'idéal...
L'association
L'association des musulmans d'Istres (AMI) est depuis deux ans la nouvelle appellation de l'association islamique française d'Istres (AIFI) créée en 1989. Présidée par Djamel Bedra , elle compte aujourd'hui 66 adhérents. L'AMI se charge de l'organisation des cinq prières par jour le vendredi, du mois de Ramadan, de la célébration des mariages et des enterrements. Elle propose également des cours de soutien scolaire en mathématiques et des cours de langue arabe, aussi bien pour les hommes que pour les enfants et les femmes.
Par Stéphanie Durand ( sdurand@laprovence-presse.fr )
