Barack Obama, l'histoire commence

Barack Obama, l’histoire commence
Près de trois millions de personnes sont attendues ce soir dans les rues de Washington pour l'investiture de Barack Obama. Aux Etats-Unis comme dans le monde entier, les débuts du premier président noir à la Maison Blanche suscitent d'énormes espoirs. Décryptage avec Yvan Combeau, historien et politologue.



Obama a répété qu'il ne ferait pas de miracles, que la route serait longue... Pourtant, il est attendu comme le Messie et 61% des Américains lui font confiance. Pensez-vous que le 44ème président des USA peut écrire l'Histoire ?

Depuis sa victoire du 4 novembre, l'engouement pour le nouveau président n'a fait que croître. Elu avec 53% du corps électoral (365 grands électeurs), il est aujourd'hui reconnu par une population américaine rassemblée derrière son président. Le temps de l'histoire c'est une continuité. Et sur ce fil du temps, l'événement vient se placer. C'est ici le “moment Obama” marqué par une mobilisation exceptionnelle et la conjugaison de multiples espoirs. C'est surtout une page qui établit un saisissant contraste avec les huit années de G.W. Bush. Pensez que l'on attend pour cette journée d'investiture près de trois millions de spectateurs à Washington. Ils n'étaient que 100 000 le 20 janvier 2005 pour le début du second mandat de son prédécesseur. C'est dire en effet l'impact de cette journée dans l'histoire des Etats-Unis.

Obama est en train de devenir une “star mondiale”. Grand concert de soutien, cérémonie d'investiture grandiose... N'en fait-il pas un peu trop ?

Tout le dispositif est millimétré, en phase avec l'histoire et la population. Le jour de l'investiture est un rituel exceptionnel pour les Etats-Unis. Washington s'installe comme le c½ur politique du pays. Devant le Capitole, le président affirme la place de la Constitution. Il prête serment sur la Bible. C'est le temps d'un hymne à la démocratie américaine et au pouvoir présidentiel. Et la part des festivités (concerts, bals), c'est aussi un élément essentiel dans la société américaine. Tout au long de ces journées, depuis le départ de Philadelphie, le président porte les mythes des Etats-Unis. Entre l'histoire et les mémoires, il réunit les fondateurs, les figures mémorielles (Abraham Lincoln, Martin Luther King...) avec la volonté de symboliser, pour reprendre le titre de la chanson de Bruce Springsteen, “la construction d'un rêve américain”.

Le système Obama comporte-t-il des failles, dans son équipe, dans son programme ?

Sur la période de transition, Barack Obama a réussi à se maintenir à distance, à préparer les premières décisions et à former son équipe. Précisément sur cette équipe, les seules fausses notes ont concerné la nomination du secrétaire au Commerce, Bill Richardson, finalement abandonnée, et plus récemment la désignation du secrétaire au Trésor, Timothy Geithner. Dans son équipe, les observateurs ne manqueront pas de suivre les faits, gestes et déclarations d'Hillary Clinton sur la scène mondiale. Le prochain jeu consistera probablement à chercher les écarts d'analyses entre le président et sa secrétaire d'Etat. Le dossier iranien devant fournir un bel objet d'étude ! Justement, en matière de politique internationale, certaines mesures sont très attendues, comme la fermeture de la prison de Guantanamo, le retrait des troupes en Irak... Quelles conséquences cela peut-il avoir sur l'ordre mondial ? Va-t-on sortir de la logique sécuritaire post-11 Septembre ? La marque du 11 Septembre est une empreinte très prégnante dans la vie américaine. Le président sortant n'a cessé de se présenter comme le “président du 11 Septembre”. Les mémoires des contemporains conservent ce traumatisme. Ce qu'annonce Barack Obama, ou plus exactement son porte-parole Robert Gibbs, ce sont des premières mesures déjà présentes dans les promesses de la campagne électorale (fermeture de Guatanamo, retrait dans les seize mois des troupes d'Irak, renforcement des forces militaires en Afghanistan...). La fermeture de la base cubaine peut être posée par décret, mais sa concrétisation apparaît déjà plus complexe : que faire des 250 détenus et des prisonniers devant être jugés par des cours fédérales américaines ? Sur le plan international, les premières initiatives de Barack Obama devraient permettre de déceler des orientations proches d'un multilatéralisme. Cependant, le pragmatisme de l'administration présidentielle demeurera le premier des principes gouvernant les questions internationales. L'ordre mondial pour les Etats-Unis, c'est en premier lieu sa sécurité.

La diplomatie française est très active actuellement au Proche-Orient. La France et les Etats-Unis peuvent-elles oeuvrer dans le même sens sur ce dossier ?

Le président Obama hérite d'une situation où les Etats-Unis sont engagés dans deux guerres (Afghanistan, Irak) et doit intervenir dans le conflit du Proche-Orient. Les initiatives franco-égyptiennes, et les premières avancées de la rencontre de Charm el-Cheikh ne constituent qu'une première étape. Sur cette marche, les Etats-Unis vont entrer en jeu. Robert Gibbs indiquait encore : “Obama va agir, nous surprendre, prendre des initiatives.” Et sur ce terrain, ce sera là un premier test international de la méthode et du positionnement du nouveau président.

Est-ce qu'une politique moins messianique que celle de Bush peut faire émerger de nouvelles puissances sur la scène internationale, notamment l'Union européenne ?

A l'évidence, Barack Obama propose un autre visage des Etats-Unis. Mais la puissance américaine ne s'efface pas. La politique extérieure des démocrates s'inscrit dans ce double mouvement évoqué par Hillary Clinton : l'Amérique ne peut résoudre seule les problèmes du monde et le monde ne peut les résoudre sans l'Amérique. La volonté n'est pas de faire émerger d'autres puissances, sauf à jouer la division pour mieux conserver le leadership à travers ce “smart power”, annoncé comme une approche moins idéologique, afin surtout de signifier au monde une rupture avec la présidence Bush. Quant à l'Europe, elle n'est pas précisément dans l'horizon de Barack Obama. Certes, le nouveau secrétaire d'Etat devrait modifier une vision unilatéraliste, mais pour comprendre la nouvelle donne, il faut probablement écouter l'ancien candidat démocrate John Kerry lorsqu'il affirme que la présence de Hillary Clinton signalera par un message fort et rapide que l'Amérique est de retour.

On attend également un plan de relance et d'investissement de sa part. Quelle est sa marge de manoeuvre ?

Les références au New Deal, aux Cent Jours de Franklin D. Roosevelt, participent de cette convocation de l'histoire afin d'identifier les défis (économiques, sociaux, financiers...) de ce début de siècle pour les Etats-Unis. Barack Obama veut mettre une partie de sa logique économique dans les pas de Keynes, redevenu très à la mode avec les effets de la récession. Et les démocrates annoncent dans leur premier programme de relance une injection de 825 milliards de dollars avec une baisse d'impôts de 1.000 dollars pour une grande partie de la classe moyenne. Les contrecoups ne se feront pas sentir avant plusieurs mois, parce que ce n'est pas seulement la consommation qui doit être relancée, mais une part importante des infrastructures économiques qui ne tournent plus. La symbolique Wall Street révèle la défiance dans le système financier. En ce sens, le plan de grands travaux (routes, éducation) doit aussi reconstruire l'outil industriel.

Dans un contexte de crise économique, Obama pourra-t-il tenir ses promesses de campagne, notamment sur le volet social aux Etats-Unis ?

Les Etats-Unis sont touchés par la récession. En 2008, ce sont trois millions de saisies qui ont été dénombrées. Chaque état vit au rythme des faillites et voit son taux de chômage augmenter. Sur l'ensemble du pays, le chiffre est au début janvier 2009 de 7,3%. Le volet social porte essentiellement sur le secteur de la santé, pour une population fragilisée par la crise économique et financière. Faire entrer l'Etat fédéral dans cette défense des plus modestes, en permettant ainsi d'élargir la couverture sociale, c'est une volonté de protection qui tranche dans une société fortement inspirée par la culture économique libérale.

Dans quels domaines Obama peut-il apporter le changement ?

Les chantiers sont nombreux dans ce registre du changement. Sur la tonalité même de la démarche et des discours avec le souci d'une Amérique moins arrogante, mais tout aussi présente. Probablement que ses projets intérieurs dans le domaine de la santé et de l'éducation, avec par exemple la nomination de Sanjay Cupta (directeur de la santé publique) peuvent reformater un système de santé qui exclut aujourd'hui près de 50 millions de personnes. Sur le terrain de l'environnement, la détermination présidentielle semble très affichée. Il opère un tournant avec l'absence de l'Administration Bush lors des grands rendez-vous internationaux consacrés aux thématiques environnementales. Une politique de lutte contre le réchauffement climatique est à l'ordre du jour, et pour le moins fortement proclamée, avec Carol Browner, sa conseillère spéciale sur ces questions.

Sur le plan institutionnel, est-ce que le président américain a plus de marge de manoeuvre pour gouverner qu'un président français ?

Le président s'appuie sur un Congrès démocrate. Pour reprendre une expression française, “l'état de grâce” lui donne une large marge de manoeuvre et d'initiative. La force de son message et de son aura, la dimension internationale de sa présidence et les attentes au-delà des Etats-Unis signent une situation sans commune mesure avec l'audience française. La volonté de Barack Obama est de maintenir ce mouvement de rassemblement si caractéristique du temps de l'inauguration et du discours d'investiture. Son équipe associant les fidèles de la campagne des primaires, des proches du camp des clintoniens, voire la personnalité de Robert Gates, montrent un objectif de cohérence pour dépasser comme il l'a toujours exprimé les oppositions entre républicains et démocrates et représenter le plus largement possible “la puissance des Etats-Unis d'Amérique”.


L'avenir c'est maintenant !
Dossier : Yoann Guilloux, Julien Cinier, Marine Dusigne et Laurence Maunier

# Online seit Dienstag, 20. Januar, 2009 um 05:53

MANU CHAO, TIKEN JAH FAKOLY, AMAZIGH KATEB, AKHENATON,.... ont répondu favorablement à l'appel de TARIQ RAMADAN...POLITIC KILL


Un élan de solidarité et de mobilisation est lancé par le frère Tariq;
je vous invite tous et toutes à suivre et à faire suivre.... :


Appel
Palestine
Mouvement Global de Résistance
Non Violente

à la politique extrémiste et
violente de l'État d'Israël

La situation actuelle à Gaza met en évidence, une fois encore, l'impasse et l'horreur auxquelles font face les Palestiniens. On ne peut pas se satisfaire de renvoyer les deux parties dos à dos ou espérer qu'une solution émerge de négociations directes sans implication et intervention extérieures fortes et déterminées. Prendre une position de fausse neutralité ou de spectateur impuissant, c'est au fond accepter de laisser faire et s'en tenir à constater, après chaque crise, chaque massacre, que la situation se détériore, que les négociations de paix n'ont mené à rien et que le sort des Palestiniens empire chaque jour. Le nombre d'organisations de soutien au peuple palestinien à travers le monde – et en particulier en Occident – est impressionnant. On a néanmoins l'impression que l'on peine à se mettre d'accord sur une vision ou une stratégie communes. Dans les débats, on mêle souvent l'analyse des causes du conflit avec l'exposé des principes de la résistance ou encore avec les moyens à convoquer ou enfin les solutions à proposer : difficile dans ces conditions de déterminer un socle commun, et clair, pour fonder un discours, orienter une action multidimensionnelle et constituer un front uni et solide. Il faut commencer par formuler un certain nombre de principes avec lesquels nous sommes très largement en accord :

1. Le conflit israélo-palestinien est d'abord un conflit politique (même s'il a des dimensions religieuses qui impliquent de respecter l'égale liberté de culte pour tous - juifs, chrétiens, musulmans – et la liberté de conscience pour tous, croyants ou non).

2. Il y a un oppresseur ( L'Etat d'Israël) et un opprimé (le peuple palestinien).

3. La résistance palestinienne est légitime de fait.

4. Les Palestiniens ont droit à un État et à la liberté.

5. L'égale dignité des Palestiniens exige une égalité de droits et de traitement quel que soit le choix de la solution envisagée.

6. Les Palestiniens chassés de leurs terres ont un droit naturel au retour.

7. Notre engagement se fonde sur un refus inconditionnel et égal de tous les racismes sous quelque forme que ce soit (racisme anti-juif, anti-arabe, antichrétien ou antimusulman, etc.)
À partir de ces sept principes fondamentaux, il est possible de constituer des collectifs locaux, régionaux et nationaux qui déterminent les objectifs prioritaires du mouvement de résistance local/global. Les exemples des « collectifs » ou des « coordinations » en Angleterre, en France et dans certaines régions (aux États-Unis ou en Europe) doivent être multipliés à l'échelle de tous les pays et à travers tous les continents tant il est vrai que le conflit local israélo-palestinien a des conséquences globales sur les réalités politiques et économiques du monde. Ces collectifs régionaux, nationaux et internationaux devraient avoir pour objectifs principaux :

1. Diffuser une information permanente sur la situation au Moyen-Orient (website, newsletters, conférences, vidéos, livres, etc.) : développer et maintenir une conscience citoyenne des enjeux du conflit au-delà des situations de crises et des couvertures médiatiques.



2. Déterminer les moyens de résistance non violente à travers le monde (boycotts possibles et coordination des actions concrètes : manifestations, interventions auprès des politiques, etc.) que certaines organisations développent déjà mais sans assez de synergies si ce n'est en temps de crises.



3. Accompagner et mobiliser le mouvement de solidarité financière pour des projets de développement et de reconstruction (infrastructures, écoles, etc.).

Les derniers événements à Gaza et l'attitude des gouvernements d'Orient comme d'Occident nous convainquent que la passivité et l'hypocrisie largement répandue ne permettra pas de trouver de solution à ce conflit.

Tout se passe comme si l'État d'Israël, avec le soutien des États-Unis et de quelques gouvernements européens, ont imposé un état de terreur intellectuelle où personne n'ose parler, dire la vérité, dénoncer l'inacceptable.

Pourtant les populations du monde sont de moins en moins dupes et il est possible de sensibiliser et de mobiliser de plus en plus de citoyens refusant de subir un lavage de cerveau médiatique ou de se voir réduits à l'état de spectateurs impuissants.

Il importe aujourd'hui de clarifier nos principes, de déterminer les moyens de la résistance et de coordonner nos actions.

Certaines expériences nationales récentes prouvent que ce processus peut se généraliser.
Nous appelons les organisations qui ont des années d'expérience, les nouvelles structures et les individus à considérer comme un impératif la création de ce mouvement global à travers des collectifs et des coordinations régionales et nationales portant des objectifs et un discours clairs et proposant des actions communes plus larges et plus efficaces.

Il importe de refuser autant les morcellements que les récupérations politiciennes : un socle de principes communs clarifie cet engagement commun et les actions doivent traduire l'esprit déterminé de cette résistance globale.
Parce que nous ne pouvons pas rester spectateurs des dénis de droits, des humiliations et des atrocités en Palestine, nous lançons le Mouvement Global de Résistance Non Violente.

Nous désirons inviter et engager dans le Mouvement des personnalités publiques (intellectuels, artistes, etc.), des activistes et des citoyens ordinaires à travers le monde de même que des organisations soucieuses de protéger le droit et la dignité des individus et des peuples qui refusent de rester passifs face au silence complice des États d'Orient et d'Occident alors que des civils palestiniens sont quotidiennement tués, emprisonnés ou humiliés dans les nouveaux bantoustans que sont devenus les Territoires occupés par la politique israélienne de colonisation et d'apartheid.

La mobilisation populaire n'a de chance de succès que si elle est internationale et globale.


Signez cet appel, faites-le connaître, restez informés et informez autour de vous, intégrez les organisations, les collectifs et les coordinations locales, régionales et nationales existantes ou engagez-vous à en créer de nouvelles où que vous soyez.

Multipliez - sur le long terme - les actions d'information et de résistance civil et politique à travers le monde.



Oui, je signe l'appel
http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10496&debut_signatures=945#pagination_signatures

Non, cela ne m'interesse pas ... :

# Online seit Dienstag, 13. Januar, 2009 um 03:32

Geändert am Dienstag, 13. Januar, 2009 um 03:43

MOTHLANTE et BOUTEFLIKA INTERPELLENT L'ONU - L'APPEL DU FRERE TARIQ

MOTHLANTE et BOUTEFLIKA INTERPELLENT L'ONU - L'APPEL DU FRERE TARIQ
Le Président Sud Africain Kgalema MOTHLANTE estime que le conflit au Proche Orient démontre la nécessité d'une réforme de l'ONU :

"LES NATIONS UNIES, EN PARTICULIER LE CONSEIL DE SECURITE, DOIVENT ETRE REFORMEES D'URGENCE AFIN D'ETRE PLUS REPRESENTATIVES DE LA POPULATION MONDIALE", a déclaré le Président MOTHLANTE.
Selon lui, l'ONU ne respecte pas son mandat en ne considérant pas tous les pays de façon équitable.

"SI UN PAYS A DES AMIS PUISSANTS AU CONSEIL DE SECURITE, ILS PEUVENT PARFOIS AGIR EN TOUTE IMPUNITE" a-t-il estimé.

"TOUT CE QU'IL A A FAIRE C'EST D'ECOUTER LES MINISTRES ISRAELIENS DES AFFAIRES ETRANGERES OU DE LA DEFENSE POUR SAVOIR QUE VOUS AVEZ AFFAIRE A DES GENS QUI CROIENT POUVOIR S'EN MOQUER EN TOUTE IMPUNITE", a-t-il poursuivi.

Le droit de veto, dont bénéficient les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, promeut les intérêts personnels,

"CE QUI EST CONTRAIRE AU MANDAT" de l'ONU, selon M.MOTHLANTE,
L'Afrique du Sud réclame depuis la fin de l'apartheid un siège permanent au sein du conseil.

AUCUN COMMENTAIRE NE SERA VALIDE POUR CET ARTICLE

# Online seit Dienstag, 13. Januar, 2009 um 02:59

Geändert am Dienstag, 13. Januar, 2009 um 03:52

OBAMA SERAIT PRÊT A DISCUTER AVEC LE HAMAS !



OBAMA SERAIT PRÊT A DISCUTER AVEC LE HAMAS !


Coup de tonnerre dans les relations internationales et fin du manichéisme ? L'ostracisme envers le Hamas est contre-productif. C'est en substance ce qu'on apprend par le journal britannique The Guardian de ce matin, vendredi 9 janvier. Les Etats-Unis vont-ils enfin sortir d'une doctrine illisible au Proche-Orient ? De savoir qu'on peut pactiser avec le Diable, pour peu qu'il vende son pétrole à vil prix tout en ne respectant pas les droits de l'homme, ou encore apporter un soutien aveugle à un tel autre, malgré son non respect des résolutions internationales, ou même d'attaquer certains peuples qui refusent le diktat us, avec l'administration Obama, semble-t-il, ce sera la fin de ce poker menteur qui fait tant détester l'Amérique.



Barack Obama avait lors de sa campagne électorale, indiqué qu'il avait pour but, une fois élu, la restauration de l'image de l'Amérique. Et, ce new deal (nouvelle donne), ne peut que passer par une rupture radicale, avec une administration George Walker Bush, aussi calamiteuse que meurtrière, qui a heureusement la chance de ne pas être concernée par le TPI. The Guardian (journal de référence de l'intelligentsia britannique) a même évoqué que la position pro-israélienne de Barack Obama pendant la campagne électorale ou son choix au secrétariat d'Etat de Hillary Clinton, dont on connaît la proximité avec l'Etat hébreu qui, pour beaucoup, pouvaient penser qu'il allait poursuivre une politique injuste au Proche et au Moyen-Orient, n'était qu'un leurre, parce qu'il est un homme juste.

Des discussions secrètes ont été menées par les services secrets américains, qui savent que le Hamas est incontournable et que la paix sans lui, ne serait pas la paix. Tandis que le Fatah s'occupait de politique politicienne, le Hamas, lui, s'occupait du social. Sa victoire aux législatives de 2006 vient de là. Comme nous le mentionnions, perplexe, face au silence du président élu américain, le silence de Barack Obama était finalement de l'ordre de la réflexion. Selon certaines sources, c'est un choix dicté par Jim Jones, son conseiller à la sécurité intérieure, qui estime que le temps de la réconciliation est arrivé et une commission ad hoc se mettra sur pied, dès l'investiture. Un véritable camouflet pour les va-t-en-guerre, si Obama réussit ce coup, après 60 ans de désastres. Le mot est faible.




La future administration Obama, qui rentrera en service dans dix jours, est prête à mettre sur pied, un vrai processus de paix. Il sera douloureux pour les uns et les autres. Quelle victoire si demain, Tzipi Livni, future premier-ministre israélienne et Khaled Mechaal, leader du Hamas, se retrouvaient à Camp David ! C'est le prix à payer. Quid des assassinats ciblés, libération des prisonniers du Hamas, fin des tirs de Qassam, enterrement de l'article 6 de la Charte du Hamas, prônant la destruction d'Israël etc. L'organisation islamiste pour les uns, la résistance pour les autres, s'était vue en 2006, inscrite dans les organisations terroristes par le département d'Etat américain, qui interdisait même qu'on lui octroie encore des aides financières. Inscription réfutée par nombre d'observateurs, qui parlaient d'une décision simplement politique des Gouvernements européens et/ou occidentaux, et vide de sens.

Après tous les scenarii envisagés, le préalable serait donc, pour engager de vraies discussions, un cessez-le-feu sur le terrain, et, une réconciliation entre les frères ennemis du Fatah et du Hamas. Bref, s'inspirer du rapprochement jadis, entre l'administration états-unienne et l'OLP dans les années 1970. Pour une approche constructive, il n'y a pas mieux. Il ne faut pas exclure les uns, privilégier les autres, jugés « modérés », comme le suggérait mon maître, Pascal Boniface, directeur de l'Iris (Institut des relations internationales et stratégiques), dans un article sur Rue89. Le gouvernement de transition de Barack Obama serait prêt à retrousser les manches, pour venir à bout de certains dossiers dont rien ne laisse poindre à l'horizon, le moindre espoir : l'Iran, le conflit israélo-palestinien, de l'Inde et du Pakistan et de la Corée du Nord. Vaste programme.

Ce qu'on a encore vu hier aux Nations-Unies, avec l'abstention des Etats-Unis représentés par Condoleezza Rice par rapport à la résolution de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, est affligeant. Toute honte bue, cette Amérique-là, n'a pas le droit de vouloir s'imposer comme gendarme du monde. L'espoir renaît chez les femmes et les hommes épris de paix, tandis que c'est la tête des mauvais jours, à l'approche du 20 janvier prochain. Certaines voix discordantes estiment déjà, avant même que Barack Obama ne s'installe au bureau ovale, qu'il légitime le Hamas. D'autres disent qu'il est naïf. Q'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. La paix n'a pas de prix.



Publié par ALLAIN JULES C@MMUNICATION POUR L'AVENIR C'EST MAINTENANT
http://allainjulesblog.blogspot.com/

# Online seit Samstag, 10. Januar, 2009 um 14:50

Geändert am Donnerstag, 15. Januar, 2009 um 11:27

LE MANDELA PALESTINIEN....

LE MANDELA PALESTINIEN....
Message adressé depuis sa prison par Marwan Barghouti à l'occasion du grand événement de soutien aux droits du peuple palestinien le 17 mai 2008 à Paris [1] qui a rassemblé plus de 4000 personnes

« Très chers amis,

C'est un très grand plaisir et un honneur pour moi que de vous parler et de vous saluer aujourd'hui avec le plus grand respect et l'expression de ma haute considération.

Je tiens à vous remercier de votre solidarité, de vos efforts, du rôle éminent que vous jouez dans le soutien à notre combat légitime. Ce combat est aujourd'hui entré dans une phase décisive pour le peuple palestinien et son avenir.

C'est sa volonté de réaliser son autodétermination et son droit à disposer et à établir un Etat palestinien avec Jérusalem occupée comme capitale qui est en jeu.

Nous voulons un Etat palestinien vivant à côté de l'Etat israélien. Les réfugiés doivent voir se concrétiser l'exercice de leur droit au retour en vertu de la résolution internationale 194 des Nations unies. Les plus de 11 000 prisonnières et prisonniers doivent être libérés, parmi lesquels figurent un tiers des membres du parlement palestinien élu.

Mes chers amis,

Le travail et l'énergie que vous déployez pour nous soutenir dans notre cause interviennent alors que continuent l'agression et le siège contre notre peuple menés par les dirigeants israéliens.

Les implantations et la colonisation s'accroissent. La terre de Palestine est volée et la judaïsation de Jérusalem se développe. Nous sommes assiégés tandis que l'entreprise insupportable d'affamer toute une population se poursuit dans la bande de Gaza – Gaza qui est devenue la plus grande prison du monde. Dans les territoires occupés, à Jérusalem, des centaines de barrages militaires empêchent la continuité territoriale au sein de la Cisjordanie. Ils entravent la liberté de circulation entre les villes et les villages tandis que les arrestations arbitraires et les assassinats se multiplient.

Vos actions interviennent à un moment où, en Israël, il y a absence d'un partenaire en faveur de la paix, d'un partenaire qui soit prêt à en finir avec l'occupation et à reconnaître enfin les droits nationaux du peuple palestinien.

Malgré tous ces obstacles les Palestiniens continuent à tenir fermement à leurs droits. Ils exigent la paix, la liberté, le retour et l'indépendance. La paix dans la région commencera avec la fin complète de l'occupation des territoires occupés depuis 1967.

Elle commencera aussi avec la fin des souffrances et de la misère de millions de réfugiés palestiniens qui ont été chassés de leurs maisons et de leurs demeures, des réfugiés dont les villes et les villages ont été détruits par la violence du terrorisme.

Mes chers amis,

Votre soutien et votre présence aux côtés de notre peuple palestinien constituent une prise de position majeure en faveur de la vérité, de la justice, de l'égalité et de la liberté. Ils constituent l'expression de votre solidarité humaine ainsi que de votre clair et noble engagement pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Ce soutien à nos côtés nourrit fortement notre foi et notre optimisme dans l'avenir.

Il contribue aussi à fortifier mon élan, ma volonté et ma capacité à défier l'occupant, et ceci du fin fond de ma petite cellule sombre en prison, cellule depuis laquelle, en dépit de son obscurité et de son étroitesse, j'entends, j'y entends votre voix haute et forte en soutien à notre peuple. Cela accroît notre force et notre moral.

En conclusion, je vous le dis, chers amis : on ne nous brisera pas ; notre forte volonté restera intacte. Notre sacrifice pour la liberté ne faiblira pas et ce sacrifice pour la liberté n'est pas de moindre grandeur que l'exercice de la liberté elle-même.

Votre frère,

Marwan Barghouti

Prison Hadarim, cellule 28.



[1] organisé par la Plateforme des ONGs françaises pour la Palestine. Paix comme Palestine, 60 ans après : la Paix par le droit www.paixcommepalestine.org










Marouane Barghouti est né le 6 juin 1958, à Ramallah
c'est un homme politique et un chef militaire palestinien. Marouane Barghouti est incarcéré depuis 2002 dans une prison de haute-sécurité israélienne, condamné à 5 peines de prison à perpétuité.



Le Mandela palestinien
publié le jeudi 20 septembre 2007

Uri Avnery – 15 septembre 2007


On trouverait difficilement quelqu'un de plus populaire que Marwan Barghouti auprès de la population palestinienne. En cela aussi il ressemble à Mandela lorsqu'il était en prison.
LA DIVISION des territoires palestiniens en un "Hamastan" dans la bande de Gaza et un "Fatahland” en Cisjordanie constitue un désastre.

C'est une catastrophe pour les Palestiniens, une catastrophe pour la paix et, partant, une catastrophe aussi pour les Israéliens.

Les dirigeants politiques et militaires israéliens se félicitent de cette division, fidèles en cela à la doctrine : "Ce qui est mauvais pour la Palestine est bon pour Israël". C'est la doctrine qui a inspiré la politique sioniste dès l'origine. Haïm Arlosoroff, le dirigeant sioniste qui fut assassiné par des inconnus sur les rivages de Tel-Aviv en 1933 condamnait déjà cette doctrine dans son dernier discours :

"Il n'est pas vrai que tout ce qui est mauvais pour les Arabes est bon pour les Juifs et il n'est pas vrai que tout ce qui est bon pour les Arabes est mauvais pour les Juifs."



LES PALESTINIENS vont-ils surmonter cette division ?

Il semblerait que les chances s'en réduisent de jour en jour. Le fossé entre les deux parties ne cesse de s'élargir. Les gens du Fatah en Cisjordanie, avec à leur tête Mahmoud Abbas, condamnent le Hamas qu'ils considèrent comme une bande de fanatiques, imitateurs d'un Iran qui les guide, et qui, à l'instar des ayatollahs, sont en train de conduire leur peuple à la catastrophe.

Les gens du Hamas accusent Abbas d'être un maréchal Pétain palestinien qui a passé un contrat avec l'occupant et qui s'est engagé sur la pente glissante de la collaboration.

La propagande est de part et d'autre particulièrement envenimée et la violence réciproque est en train d'atteindre de nouveaux sommets.

Cela ressemble à un cul-de-sac. De nombreux Palestiniens ont perdu espoir de trouver une issue. D'autres sont à la recherche de solutions innovantes. Afif Safieh, le chef de la mission de l'OLP à Washington par exemple, propose de constituer un gouvernement palestinien composé entièrement d'experts indépendants, qui ne soient membres ni du Fatah ni du Hamas. Les chances en sont évidemment très faibles.

Mais, dans les conversations privées à Ramallah, un nom émerge de plus en plus souvent : Marwan Barghouti.

"Il détient entre ses mains les clefs", dit-on là-bas, à la fois du conflit Fatah-Hamas et du conflit israélo-palestinien.”


CERTAINS voient en Marwan le Nelson Mandela palestinien.


Il s'agit de deux personnalités en apparence très différentes, à la fois du point de vue physique que du tempérament. Mais ils ont beaucoup de points communs.

L'un et l'autre sont devenus des héros nationaux derrière les barreaux d'une prison. L'un et l'autre ont été accusés de terrorisme. L'un et l'autre ont apporté leur soutien à une lutte violente. Mandela a soutenu la décision en 1961 du Congrès National Africain d'engager une lutte armée contre le gouvernement raciste (mais non contre les civils blancs). Il est resté en prison pendant 28 années et a refusé d'acheter sa liberté en signant une déclaration dénonçant le "terrorisme". Marwan a apporté son soutien à la lutte armée de l'organisation Tanzim du Fatah et s'est vu infliger plusieurs condamnations à vie.

Mais l'un et l'autre étaient pour la paix et pour la réconciliation, avant même leur mise en prison. J'ai vu Barghouti pour la première fois en 1997, lorsqu'il a participé à une manifestation de Gush Shalom à Harbata, le village voisin de Bil'in, contre l'établissement de la colonie de Modiin-Illit qui démarrait à peine. Cinq ans plus tard, lors de son procès, nous avons manifesté au tribunal avec le slogan "Barghouti à la table des négociations, pas en prison."

LA SEMAINE dernière, nous avons rendu visite à la famille de Marwan à Ramallah.

J'ai rencontré pour la première fois Fadwa Barghouti aux obsèques de Yasser Arafat. Son visage était mouillé de larmes. Nous étions pris dans la foule endeuillée, le vacarme était assourdissant et nous n'avons pu échanger que quelques mots.

Cette fois elle était calme et sereine. Elle s'est contenté de rire quand elle a appris que Teddy Katz, un militant de Gush Shalom qui participait à la manifestation, avait sacrifié l'ongle d'un orteil pour Marwan : au cours de notre protestation devant le tribunal, nous avions été violemment attaqués par les gardes et l'un d'entre eux avait marché de sa lourde botte sur le pied chaussé de sandales de Teddy.

Fadwa Barghouti est avocate de profession, elle est mère de quatre enfants ( trois fils et une fille). L'aîné, Kassem, est déjà allé en prison sans jugement pendant six mois. C'est une femme aux cheveux blond foncé ("Tous les membres de la famille, à l'exception de Marwan, sont blonds," explique-t-elle, ajoutant avec un sourire : "peut-être à cause des croisés.")

Les Barghoutis représentent une grande Hamula (famille étendue) établie sur six villages dans le voisinage de Bir Zeit. Le docteur Mustapha Barghouti, médecin bien connu pour ses engagements en faveur des droits de l'homme, est un parent éloigné. Marwan et Fadwa – elle aussi une Barghouti de naissance – sont nés au village de Kobar.

La famille de Marwan Barghouti habite un bel appartement dans un immeuble en copropriété. En me rendant là-bas, j'ai remarqué que l'on construisait partout à Ramallah – on dirait que de nouvelles constructions surgissent à chaque coin de rue, y compris des tours à vocation commerciale.

Près de la porte de l'appartement une broderie en anglais : "Bienvenue dans ma maison". L'appartement lui-même est décoré de nombreuses représentations de Marwan Barghouti avec un grand dessin inspiré de la fameuse photo qui le représente au tribunal levant ses mains menottées au-dessus de sa tête à la façon d'un boxeur victorieux. Lorsque les forces de sécurité le recherchaient, elles ont pris possession de l'appartement pendant trois jours et ont déployé un grand drapeau israélien sur le balcon.

Fadwa Barghouti est l'une des rares personnes autorisées à lui rendre visite. Non comme avocate mais seulement comme "proche parente" – définition qui englobe les parents, les épouses, les frères et s½urs et les enfants de moins de 16 ans.

Actuellement, il y a environ 11 000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. Si l'on considère une moyenne de cinq “parents proches” par prisonnier, cela représente 55 000 visiteurs potentiels. Eux aussi doivent obtenir un permis pour chaque visite et beaucoup se voient opposer un refus pour des "raisons de sécurité". Fadwa aussi doit pour chaque visite obtenir un permis qui l'autorise seulement à se rendre directement à la prison et à en revenir sans s'arrêter où que ce soit en Israël. Les trois fils ne sont plus autorisés à rencontrer leur père depuis qu'ils ont tous les trois passé l'âge de 16 ans. Seule sa jeune fille peut lui rendre visite.

ON TROUVERAIT difficilement quelqu'un de plus populaire que Marwan Barghouti auprès de la population palestinienne. En cela aussi il ressemble à Mandela lorsqu'il était en prison.

Il est difficile d'expliquer la source de cette autorité. Elle ne tient pas à sa position élevée au sein du Fatah dans la mesure où ce mouvement est désorganisé et qu'on y distingue difficilement une hiérarchie évidente. Depuis l'époque où il n'était qu'un simple militant dans son village il s'est élevé dans l'organisation par la seule force de sa personnalité. C'est cette chose mystérieuse que l'on appelle charisme. De lui émane une autorité tranquille qui ne tient pas à des signes extérieurs.

La guerre de diffamation entre le Fatah et le Hamas ne l'atteint pas. Le Hamas prend soin de ne pas l'attaquer. Au contraire, lorsqu'il a proposé une liste de prisonniers à échanger contre le soldat capturé Gilat Shalit, Marwan Barghouti, bien qu'étant un leader du Fatah, était en tête de la liste.

C'est lui aussi qui, avec les leaders des autres organisations emprisonnés avec lui, rédigea la célèbre "déclaration des prisonniers"qui appelait à l'unité nationale. Toutes les factions palestiniennes ont approuvé cette déclaration. Ainsi est né l'"Accord de la Mecque" qui a donné naissance à l'éphémère gouvernement d'union nationale. Avant que les parties en présence ne le signent, des émissaires furent envoyés en urgence à Marwan pour obtenir son accord. Ce n'est qu'après l'avoir obtenu qu'il put être signé.

J'AI PROFITÉ de ma visite à Ramallah pour me faire une idée de ce que pensaient les partisans de Barghouti. Ils s'efforcent de ne pas se faire entraîner par le climat de haine réciproque qui règne maintenant au sein des équipes dirigeantes de chacune des deux parties.

Certains d'entre eux s'opposent vigoureusement aux activités du Hamas à Gaza, mais s'efforcent d'en comprendre les causes. Selon eux, les gens du Hamas, à la différence de nombreux dirigeants du Fatah, ne sont jamais allés à l'Ouest et n'ont pas fréquenté d'universités étrangères. Leur univers mental a été façonné par le système éducatif religieux. Leur horizon est étroit. La complexité de la situation internationale, dans laquelle le mouvement national palestinien est bien obligé de situer son action, leur est complètement étrangère.

Lors des dernières élections, m'ont expliqué mes interlocuteurs, le Hamas espérait obtenir 35 à 40% des suffrages et obtenir ainsi une légitimité pour le mouvement. Ils ont été totalement surpris d'obtenir la majorité. Ils ne savaient pas quoi en faire. Ils n'avaient pas préparé de plans. Ils ont commis l'erreur de constituer un gouvernement composé entièrement de membres du Hamas au lieu d'un gouvernement d'unité. Ils ont mal évalué la réaction internationale et israélienne.

Les partisans de Marwan n'hésitent pas devant l'autocritique. Á leur avis, le Fatah n'est pas exempt de critique pour ce qui s'est passé à Gaza. Le mouvement n'a pas agi de façon avisée lorsqu'il a arrêté et humilié les dirigeants du Hamas. Ses militants ont, par exemple arrêté Mahmoud al-Zahar, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement du Hamas, ils l'ont humilié, lui ont coupé la barbe et l'ont affublé du nom d'une célèbre danseuse égyptienne. C'est l'une des raisons de la haine violente que al-Zahar et ses collègues portent au Fatah.

Je n'ai entendu aucun démenti de l'affirmation du Hamas selon laquelle Mohamed Dahlan, précédemment homme de confiance et conseiller de Mahmoud Abbas en matière de sécurité, conspirait avec les Américains pour mener une action militaire dans la Bande de Gaza. Dahlan, jouissant de la faveur des Américains (et des Israéliens), pensait selon eux que, si on lui fournissait des armes et de l'argent, il pourrait prendre le pouvoir à Gaza. Cela a incité le Hamas à la décision d'être les premiers à agir et à prendre eux-mêmes le pouvoir par les armes. Comme le Hamas avait le soutien de la majorité d'une opinion publique qui détestait par ailleurs Dahlan, accusé de collaboration avec l'occupant, le Hamas l'a facilement emporté. Dahlan a maintenant été exilé par Abbas.

Le centre de gravité du Hamas est la Bande de Gaza. C'est là le problème de Khaled Mechaal le leader du Hamas qui réside à Damas. Á la différence de ses deux adjoints, il n'a pas de racines à Gaza. Voilà pourquoi il a besoin d'argent pour y conforter sa position. C'est l'Iran qui le lui fournit.

(J'aurais aimé donner ici quelques impressions sur le point de vue du Hamas, mais il est pratiquement impossible d'entrer dans la Bande de Gaza, tandis que nos interlocuteurs du Hamas à Jérusalem Est ont été envoyés en prison.)



COMMENT les Palestiniens vont-ils se sortir de cette situation ?

Comment peuvent-ils restaurer une autorité nationale qui soit acceptée par tous les éléments de la population en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, capable de conduire la lutte nationale et de faire la paix avec Israël, lorsque la paix deviendra possible ??

Les partisans de Barghouti pensent qu'au moment favorable, lorsque Israël arrivera à la conclusion que la paix est pour lui une nécessité, il sera libéré de prison pour jouer un rôle central dans la réconciliation – tout comme Mandela fut libéré de prison en Afrique du Sud lorsque le gouvernement blanc en vint à la conclusion que l'on ne pouvait plus maintenir plus longtemps le régime de l'Apartheid. Je suis absolument convaincu que pour en arriver à une telle situation, les forces de paix israéliennes doivent engager une vaste campagne pour la libération de Barghouti.

Que va-t-il se passer dans l'intervalle ?


Il n'y a pratiquement personne du coté palestinien pour penser que Ehoud Olmert conclura un accord de paix et le mettra en ½uvre. Pratiquement personne ne pense que quelque chose sortira de la "rencontre internationale" qui est supposée avoir lieu en novembre. Les Palestiniens pensent qu'il s'agit d'un os jeté à Condoleezza Rice, dont la position s'est considérablement affaiblie.

Et si cela n'a pas de résultats ?

"Le vide n'existe pas" m'a déclaré un des dirigeants du Fatah, "Si les efforts du président Abbas ne portent pas de fruits, il y aura une nouvelle explosion, comme l'intifada qui a suivi l'échec de Camp David."

Comment est-ce possible, alors que les militants du Fatah ont rendu leurs armes et renoncé à la violence ? "Une nouvelle génération va se lever" m'a déclaré mon interlocuteur, "comme cela s'est déjà produit dans le passé – une génération s'est lassée et la suivante a pris sa place. Si l'occupation ne prend pas fin et s'il n'y a pas de paix, une paix qui permette aux membres de cette génération de fréquenter les universités, de se consacrer à leur famille, au travail et aux affaires, une nouvelle intifada va sûrement exploser."

Pour réaliser la paix, les Palestiniens ont besoin d'unité nationale, autant que les Israéliens ont besoin d'un consensus pour leur retrait. L'homme qui symbolise l'espoir d'unité chez les Palestiniens se trouve actuellement dans la prison de Hasharon.



Article publié en hébreu et en anglais le 16 septembre sur le site de Gush Shalom – Traduit de l'anglais "The Palestinian Mandela" : FL/PHL Impression




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Ce que doit signifier la libération de Marouane Barghouti


10 avril 2008 - 17:53
Par Jacques Cheminade

La situation internationale actuelle devient de plus en plus grave. Le Proche-Orient est l'un des lieux où le risque d'un affrontement qui pourrait embraser le monde est le plus grand et le plus immédiat.

C'est pourquoi les autorités israéliennes doivent immédiatement libérer sans conditions Marouane Barghouti, le seul dirigeant palestinien incontesté, et entamer en même temps des négociations avec le gouvernement syrien afin de mobiliser la région et, en particulier, créer les conditions pour que toute nouvelle aventure soit évitée au Liban. Le ministre israélien des Infrastructures, Benjamin Ben Eliezer, et l'ancien président du Parti travailliste, Amir Peretz, l'ont compris et ont demandé la libération de Barghouti.

Le signe serait ainsi donné par le gouvernement israélien qu'il recherche réellement la paix. Les conditions de celle-ci sont reconnues par tous les responsables de bonne foi :

dialogue entre toutes les parties concernées. Le gouvernement israélien et le Hamas, en particulier, doivent négocier. On ne choisit pas qui l'on veut pour faire la paix, mais l'on définit en commun ce qui peut être acceptable pour tous, sans arrière-pensées ni calculs mesquins ;

reconnaissance d'un Etat palestinien viable par Israël et de conditions de sécurité incontestables et garanties en faveur de l'Etat d'Israël ;

évacuation par l'Etat d'Israël des « colonies » implantées en Cisjordanie, à l'exception d'un nombre extrêmement limité impliquant des contreparties territoriales, au sein des frontières de 1967 (ligne verte) ;

renoncement par Israël à toute mesure d'Etat policier et renoncement par les dirigeants palestiniens à tout acte terroriste ;

renoncement au principe systématique du retour des Palestiniens en Israël avec en contrepartie une aide massive des Israéliens à leur installation dans les territoires aujourd'hui occupés. En même temps, garantie pour la libre circulation des travailleurs palestiniens en Israël, sans blocages aux frontières ni discrimination sociale.

Retour du Golan à la Syrie contre la reconnaissance par cette dernière du droit à l'existence et à la sécurité de l'Etat d'Israël ;

reconnaissance par Israël de Jérusalem-est comme capitale de la Palestine et reconnaissance par les autorités palestiniennes de Jérusalem-ouest comme capitale d'Israël, la gestion des lieux saints se trouvant confiée aux autorités religieuses.

Ce sont là des conditions de fond, proches (ou compatibles avec elles) de celles définies par le « groupe de Genève » (Belin-Rabbo) en novembre 2003, par la déclaration du groupe des prisonniers palestiniens, y compris ceux du Hamas, et par les entretiens Ayalon-Nussebeih.

Cependant, ces conditions de fond ne sont pas suffisantes. Trois éléments supplémentaires sont nécessaires :

Un plan de développement économique mutuel pour tout le Proche-Orient et, au-delà, pour toute l'Asie du Sud-Ouest doit être discuté, mis en place et garanti par les grandes puissances. La substance de cette paix sera de permettre aux deux parties de supporter les sacrifices consentis par l'assurance d'un futur meilleur. Avec le développement eurasiatique et panaméricain, cette mise en valeur de l'Asie du Sud-Ouest doit devenir la référence d'un nouvel ordre économique et monétaire international, d'un Nouveau Bretton Woods.


Un dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions, non pas sur les dogmes, mais sur la mise en commun du meilleur de chacun, à travers la formation et l'éducation de citoyens participant à l'aventure du développement mutuel. C'est ainsi que la paix de Westphalie, fondée sur l'avantage d'autrui, aurait dû être maintenue et élargie par des projets d'intérêt mutuel dont l'Académie des sciences de Colbert devait être le centre moteur. C'est la guerre entre religions, aboutissant à la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV, qui détruisit les fondements de ce projet.


Une politique résolument opposée à tout compromis avec les politiques de l'Empire britannique, ou de ses épigones, qui reposent sur le pillage financier, en divisant pour régner (juifs contre arabes, chiites contre sunnites, ashkénazes contre séfarades...). Le combat contre ce que représente cet empire dépasse de loin l'espace de l'Asie du Sud-Ouest et implique principalement la nature du pouvoir aux États-Unis. C'est pourquoi un retour de ce pays aux politiques de Franklin Delano Roosevelt, en rupture avec celles de l'empire britannique, sera le signe fondamental que l'abandon d'une logique de guerre perpétuelle devient possible. Le plan de Lyndon LaRouche pour la paix par le développement mutuel en Asie du Sud-Ouest porte cette espérance.

Marouane Barghouti, qui soutient une politique de justice et de concorde, anime lui aussi cette espérance du fait de sa culture à la fois arabo-musulmane, hébraïque et européenne. C'est pourquoi sa libération ouvrira la porte à ce qui paraîtrait autrement impossible, un développement mutuel se substituant à un état de conflit, mais qu'attendent depuis trop longtemps tous les peuples de la région et du monde.

# Online seit Dienstag, 06. Januar, 2009 um 02:19

Geändert am Dienstag, 06. Januar, 2009 um 22:55